Les entreprises qui quittent les Etats-Unis en subiront les "conséquences" — Trump

02 Décembre, 2016, 03:54 | Auteur: Basile Toussaint

Mnuchin et Ross, Donald Trump a cherché mercredi à faire taire les critiques sur ses conflits d'intérêts en annonçant qu'il se mettrait en retrait de son empire immobilier avant de prendre la présidence.

Parmi les postes les plus importants de son gouvernement, Donald Trump n'a pas encore nommé son secrétaire d'Etat (affaires étrangères) et celui à la Défense.

Leurs deux nominations ont été ensuite confirmées officiellement par l'équipe du président élu.

Dans sa tour à Manhattan, le futur président américain a nommé mercredi au petit matin son équipe économique: un banquier de Wall Street, Steven Mnuchin, sera secrétaire au Trésor et un autre milliardaire, Wilbur Ross, secrétaire au Commerce.

Dans une série de tweets, il dit qu'il détaillera ses projets le 15 décembre lors d'une conférence de presse avec les membres de sa famille.

De nombreuses questions de conflits d'intérêts sont soulevées par l'arrivée inédite à la Maison Blanche d'un milliardaire à la tête d'un empire aux ramifications internationales.

Pour autant, 700 salariés d'une autre usine de United Technologies, Utec, qui fabrique des micro-processeurs, située dans le même État à Huntington, sont inquiets pour leur emploi après l'annonce en février de la délocalisation de leur entreprise au Mexique d'ici 2018.

Cette visite chez Carrier sera la première étape d'une sorte de "voyage de la victoire" que le président élu va effectuer dans les Etats industriels clés tombés le 8 novembre dans son escarcelle.

Donald Trump a réaffirmé que légalement, il n'avait aucune obligation de s'isoler de la gestion de son entreprise. "Je sens que c'est important (...) de n'avoir aucun conflit d'intérêt avec mes diverses affaires, en tant que président", a-t-il toutefois indiqué. Il tiendra également un meeting jeudi soir à Cincinnati, dans l'Ohio.

Trump menace de mettre fin au dégel — Cuba
La Belgique sera représentée par son ambassadeur à la Havane , Patrick Van Gheel, selon les Affaires étrangères. Beaucoup ont confié avoir été vivement incités à ne pas manquer à l'appel.

Le président élu est attendu jeudi midi à Indianapolis dans une usine du fabricant de climatiseurs Carrier, symbole de la politique anti-délocalisations qu'il entend mener grâce à ses ministres du Trésor et du Commerce, fraîchement nommés la veille.

M. Trump envisagerait de confier la direction de ses affaires à trois de ses enfants, selon les maigres détails qu'il a donnés depuis qu'il s'est lancé dans la course présidentielle en juin 2015.

Ils seront chargés de tenir la promesse de M. Trump de revenir sur les accords de libre-échange et de préserver les emplois industriels.

"A cet égard, M. Ross a rejeté les accusations de protectionnisme".

Mais pour nombre d'experts, cela ne règlera en rien les problèmes de conflits d'intérêts, ces trois enfants étant ses proches conseillers et jouant un rôle actif dans les nominations de sa future administration.

Donald Trump a annoncé mercredi qu'il abandonnerait "la totalité" de ses affaires commerciales pour se concentrer sur sa tâche de président des Etats-Unis. Wilbur Ross, 79 ans, avait notamment travaillé avec le magnat de l'immobilier lorsque certains de ses casinos traversaient des difficultés à la fin des années 1980. "Protectionnisme n'est pas un terme significatif, c'est péjoratif", a-t-il affirmé sur CNBC, ajoutant qu'il y a "commerce, bon commerce et commerce stupide". Quant à M. Mnuchin, il a affirmé sur CNBC "comprendre ce qu'il faut faire pour redresser l'économie" des Etats-Unis.

L'économie américaine se porte déjà toutefois bien avec un taux de croissance plutôt élevé (3,2% en rythme annualisé au 3e trimestre) et un taux de chômage faible (4,9%). Il a manié la carotte - une promesse réitérée de baisse de la fiscalité et un démantèlement des régulations - et le bâton: les entreprises "peuvent quitter un Etat (fédéré) pour un autre Etat (fédéré) et négocier des accords avec différents Etats, mais quitter le pays va être très très difficile".

Pour son futur chef de la diplomatie, le président élu semble hésiter entre le républicain modéré Mitt Romney, l'ancien patron déchu de la CIA David Petraeus, le sénateur républicain respecté Bob Corker et l'ancien maire à poigne de New York Rudolph Giuliani.

L'ancien candidat à la présidentielle 2012, Mitt Romney, qui avait traité Donald Trump de "charlatan" et d'"imposteur", a passé mardi une "merveilleuse soirée" avec lui dans un restaurant français trois étoiles de New York. M. Trump " est justement l'homme qu'il nous faut pour nous conduire vers (un) avenir meilleur", a assuré le cacique républicain.

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