Les sarkozystes demandent à Fillon de se choisir "un successeur" — Présidentielle française

06 Mars, 2017, 20:12 | Auteur: Armand Coulomb
  • François Fillon lors d'un meeting à Aubervilliers près de Paris le 4 mars 2017- GEOFFROY VAN DER HASSELT- AFP

Selon, l'ancien Premier ministre, la "condition sine qua non" d'une victoire reste "le rassemblement le plus large possible de la droite et du centre".

S'agit-il de l'annonce de sa candidature comme de nombreux élus l'ont réclamé depuis quelques jours?

Des proches de Nicolas Sarkozy ont demandé lundi à François Fillon, de se choisir "un successeur".

Alain Juppé a estimé lundi que le rassemblement des électeurs était "devenu plus difficile encore" du fait qu'une partie du centre a claqué la porte du parti et que le noyau dur des sympathisants du parti "s'est radicalisé".

Il a tenu, lors d'une conférence de presse, à confirmer "une bonne fois pour toutes" qu'il ne sera pas candidat et qu'il ne jouerait pas le rôle de recours à François Fillon, dont il a affirmé que "l'obstination" conduisait à une "impasse". Ce conclave n'a pas de pouvoir exécutif.

"Ce n'est pas le parti qui va décider. Ce n'est pas dans les coulisses qu'on va choisir", a prévenu François Fillon. Dans le cas contraire, la droite se retrouverait avec deux candidats, assurés de se tuer l'un l'autre et de ruiner encore plus les chances électorales d'un camp conservateur déjà gravement blessé par l'affaire Fillon. L'association SOS Autisme France a également publié un message appelant à des excuses de la part de François Fillon.

10h32: Alain Juppé s'adresse à la presse depuis Bordeaux. Les propos de ce dernier dimanche soir le confortent dans cette position.

"France : "Alain Juppé ne peut rien au " gâchis " de la présidentielle
D'autres participants de la réunion ont toutefois voulu "tempérer" en assurant que la décision reviendrait au candidat lui-même. Alain Juppé , 71 ans, a fait savoir qu'il ne se "défilerait pas" mais à condition que " François Fillon se retire de lui-même".

14h56: "La balle est dans le camp de ceux qui ont à prendre des décisions", a déclaré Alain Juppé à Bordeaux.

L'ancien candidat de la primaire Jean-Frédéric Poisson a aussi émis des réserves sur le choix du maintien de la candidature François Fillon. En effet, alors qu'il était Premier ministre, François Fillon avait consacré ce handicap comme "grande cause nationale pour 2012". Ils étaient entre 30.000 et 50.000 aujourd'hui, même si le candidat a évoqué le chiffre de 200.000 sur le plateau de France 2.

"Peut-être que ma réaction a parfois été trop violente. Mais elle est à la mesure de la violence que j'ai reçue", a-t-il plaidé.

Un discours de renoncement salué - avec déception et tristesse - par ses soutiens comme celui d'un homme d'Etat.

"Si j'avais été mis en examen il y a deux mois, je n'aurais pas été candidat à l'élection présidentielle", a-t-il dit. "Et il faudrait que, parce qu'on m'impose ce calendrier, je renonce?"

"Le respect de la parole donnée est la seule façon de lutter contre le FN".

Le maintien de François Fillon est, à en en croire les sondages, une bonne nouvelle pour Emmanuel Macron qui le distance maintenant de quatre à cinq points dans la course pour la qualification au second tour. Ca ne veut pas dire que je ne discute pas, que je ne suis pas prêt à dialoguer mais c'est ma décision " a-t-il conclu. "Quitte à y entraîner l'ensemble de son mouvement", semble s'étonner Laurent Bodin, de l'Alsace.

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