Après plusieurs heures de blocages, les négociations reprennent — Guyane

01 Avril, 2017, 11:59 | Auteur: Franck Riqueti

"Le gouvernement prend acte que les rassemblements qui se sont tenus aujourd'hui n'ont fait l'objet d'aucun débordement et se sont déroulés dans un esprit d'apaisement", a indiqué Bernard Cazeneuve en fin de journée, à l'issue d'une réunion avec M. Fekl et Mme Bareigts.

M. Fekl a précisé qu'une "veille ministérielle" avait été mise en place à Paris pour "parvenir à des arbitrages" sur les principaux points.

Il compte livrer samedi au plus tard des réponses à la délégation d'une cinquantaine de personnes qui lui a apporté plus de 400 pages de propositions. Elle a été applaudie et acclamée par plusieurs centaines de personnes présentes. Critiquée, la ministre s'était excusée plus tôt devant une délégation guyanaise. "Nous pouvons pardonner les bêtises mais pas le mépris", avait lancé la manifestante, qui avait parlé de "la ministre de la Réunion".

Après qu'elle se fut exécutée, ce qu'elle s'était refusée à faire dans un premier temps, Mme Lapompe Paironne s'est jetée dans les bras d'Ericka Bareigts, d'après une vidéo de la scène qu'a pu voir l'AFP.

Cette demande de pardon, "nécessaire", permet d'"établir un dialogue serein et apaisé", a relevé Gauthier Horth, un opérateur minier également membre de la délégation.

La Guyane, vaste territoire d'Amérique du Sud (83.000 km2) situé à 7.000 km de Paris, connaît depuis une dizaine de jours un mouvement de contestation d'une ampleur historique, sur fond de revendications sécuritaires, économiques et sociales.

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Le champion en titre Cleveland a renoué avec la victoire après une inquiétante série de trois défaites de suite en surclassant Philadelphie 122 à 105.

La Guyane, d'où la France lance ses fusées Ariane, a connu mardi "la plus grosse manifestation de son histoire", de l'aveu même de la préfecture, avec près de 15.000 marcheurs sur une population de 250.000 habitants.

Comme un plébiscite pour l'Union des travailleurs guyanais (UTG), dont les 37 syndicats membres avaient voté à la quasi-unanimité la grève générale illimitée qui a démarré lundi.

"Nous devons absolument être dans le rattrapage, sur l'électricité, sur le logement, sur l'éducation, sur la jeunesse", a répondu la ministre de l'Outre-mer, qui a remercié les participants aux négociations en cours, notamment pour leur "pugnacité".

L'exécutif a déjà validé une certain nombre de mesures pour répondre aux exigences populaires, telle la création d'un Tribunal de grande instance et d'un centre pénitentiaire à Saint-Laurent du Maroni, la deuxième ville du territoire, ainsi que la suspension de la cession du centre médical de Kourou.

La mission de hauts-fonctionnaires, a déjà obtenu, selon le préfet Jean-François Cordet qui la pilote, de "premiers résultats", tels que "la fidélisation d'un escadron de gendarmes mobiles à Cayenne".

"Je crois que c'est un peu anecdotique", a déclaré Nicolas Bay sur RTL, jugeant que "l'essentiel c'est de changer totalement d'orientation", de "faire les investissements stratégiques", "que l'Etat assume enfin ses fonctions régaliennes".

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