Tous les candidats s'en réjouissent sauf Macron — Soutien de Valls

01 Avril, 2017, 19:42 | Auteur: Franck Riqueti

"Si, aujourd'hui, Manuel Valls a rompu son engagement de soutenir Benoît Hamon, c'est peut-être qu'en bon 'éléphant' du PS il a la mémoire longue, et se souvient du 'frondeur' qui a pourri pendant deux ans l'action du gouvernement socialiste", estime Jean-Claude Souléry dans La Dépêche du midi.

"Minable ", "tu nous fais honte ".

Ceux qui ont adhéré au mouvement d'Emmanuel Macron, comme Richard Ferrand ou Corinne Erhel dans l'Ouest, sont donc priés de prendre la porte.

Jean-Yves Le Drian ou l'ancien maire de Paris Bertrand Delanoë, pour soutenir Emmanuel Macron, un candidat qui se dit ni de gauche ni de droite. Le député d'Évry justifie son vote par le niveau élevé du FN.

"La réalité de la candidature Macron apparaît au grand jour: c'est une vaste entreprise de recyclage des sortants du système", a renchéri la chef de file du parti anti-immigration et anti-euro Front national, Marine Le Pen, actuellement donnée battue au second tour du scrutin face à Emmanuel Macron.

Cette décision ouvre une nouvelle page dans la longue bataille "idéologique" qui l'oppose au candidat socialiste Benoît Hamon, qui est devenue évidente lors de la primaire socialiste.

Hamon recharge ses batteries à La Réunion
Le déplacement à la Réunion est un passage quasi obligé pour les candidats à la présidentielle. Marine Le Pen, François Fillon ou Nicolas Dupont-Aignan y sont déjà allés.

"Qui a fait le choix de ne pas occuper une position centrale après la primaire, de ne pas rassembler toute la gauche progressiste?", s'est défendu Manuel Valls. "Quant au sens des responsabilités, cela a toujours été sa marque de fabrique, lui qui est un homme d'État".

"Ils veulent aller à la soupe, eh bien le peuple leur réservera une gamelle électorale", a lancé cet ancien soutien de M. Valls à la primaire, en fustigeant "la légion des déserteurs" rejoignant En Marche!. Mais, prévient-il, "ce n'est pas au PS d'être comptable des manques individuels de certaines de ses personnalités ".

"Ce n'est pas le même genre de candidats, mais il n'y aura pas de terrain d'entente entre les deux". Sur cette question, les sympathisants d'En Marche! sont encore plus unanimes, analyse Céline Bracq: "Pourtant partisans d'un ancien ministre, ils sont 74% à ne plus vouloir revoir ses pairs à l'avenir". "A tous ceux qui nous disent: "je vais ailleurs mais je suis socialiste", je leur dis clairement que si j'étais première secrétaire du parti socialiste, je leur dirais: "on n'est pas socialiste par déclaration, on est socialiste parce qu'on défend des valeurs qui sont les nôtres " " a-t-elle expliqué.

"Il y a un processus de clarification qui est en train de s'opérer", juge-t-il car "les lignes sont maintenant très écartées".

"Toute l'équipe de François Hollande est autour d'Emmanuel Macron (.) Emmanuel Macron, c'est François Hollande", a réagi le candidat de la droite François Fillon.

Soucieux de ne pas apparaître comme l'héritier d'un quinquennat socialiste impopulaire, Emmanuel Macron a prudemment "remercié" Manuel Valls de son soutien, tout en assurant qu'il serait "le garant du renouvellement des visages, du renouvellement des pratiques".

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