Assad teste à l'arme chimique les limites de Trump et Poutine — Syrie

06 Avril, 2017, 00:28 | Auteur: Armand Coulomb

Au moment où le président François Hollande exigeait depuis la France des "sanctions" contre le régime syrien, son représentant à l'ONU, l'ambassadeur français François Delattre, dénonçait en entrant dans la salle du Conseil "des crimes de guerre, des crimes de guerre à grande échelle, des crimes de guerre avec des armes chimiques". "La résolution demande notamment au régime de Bachar Al-Assad de fournir les plans et registres de vol de son aviation et de laisser les enquêteurs accéder aux bases aériennes d'où aurait pu décoller l'attaque".

Ces victimes ont été prises de convulsions alors qu'elles se trouvaient chez elles ou dans la rue lorsque le raid aérien a visé, mardi vers 07H00 (04H00 GMT), Khan Cheikhoun, petite ville de la province rebelle d'Idleb dans le nord-ouest. "Il y a 30 enfants et 20 femmes parmi les victimes", un bilan en hausse en raison du décès de blessés graves, précise mercredi soir l'OSDH.

Alors que Damas a été pointé du doigt, Moscou avait jugé plus tôt "inacceptable" en l'état le projet de résolution présenté par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni condamnant l'attaque de mardi.

"Certains cas semblent présenter des signes compatibles avec une exposition à des produits organosphosphorés, une catégorie de produits chimiques incluant des agents neurotoxiques", ajoute l'OMS.

Des vidéos de militants antirégime avaient déjà montré mardi des corps pris de spasmes et de crises de suffocation.

L'indignation s'étend au lendemain de l'attaque chimique présumée en Syrie. Celle-ci avait failli provoquer une escalade de la guerre mais les États-Unis avaient finalement décidé de ne pas intervenir.

Syrie. Le retour d'Assad le chimiste
La coalition nationale, importante composante de l'opposition, a mis en cause le " régime du criminel Bachar ". Le président russe ne s'est pas exprimé mais l'armée russe affirme ne pas avoir participé à ce raid aérien.

L'opposition syrienne a accusé le "régime du criminel Bachar" d'avoir perpétrée cette attaque, avec des "obus" contenant du "gaz toxique". "Il faut choisir ses batailles, avait déclaré la semaine dernière déclaré Nikki Haley, ambassadrice américaine à l'ONU à un groupe de journalistes à New York".

Moscou a ensuite qualifié le projet de résolution de "catégoriquement inacceptable" car "son défaut est d'anticiper les résultats de l'enquête et de désigner des coupables".

Ce texte appelle à une enquête complète et rapide de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC). "Ils doivent savoir qu'ils sont complices d'un crime de guerre".

Le chef de la diplomatie britannique Boris Johnson a pour sa part affirmé que "toutes les preuves" qu'il avait vues "suggèrent que c'était le régime d'Assad" qui a utilisé "des armes illégales en toute connaissance de cause". "Jusqu'à maintenant, cette administration n'a rien fait et a adopté une attitude de spectateur et fait des déclarations qui donnent au régime une opportunité pour commettre de nouveaux crimes", a déclaré le vice-président de la Coalition nationale syrienne Abdelhakim Bachar à Istanbul.

Nul ne sait encore quelles vont être les prochaines décisions de l'administration Trump sur le dossier syrien, mais ce drame de Khan Cheikhoun pourrait bien être un tournant dans la position américaine. "Il faut choisir ses batailles", avait de son côté estimé l'ambassadrice américaine à l'ONU, jugeant que la priorité était de lutter contre la menace jihadiste.

Recommande: