Les rebelles syriens rejettent l'accusation russe — Attaque chimique

06 Avril, 2017, 06:12 | Auteur: Thibaud Popelin

Selon les activistes, la Coalition nationale de l'opposition syrienne a demandé au Conseil de sécurité de l'ONU d'ouvrir enquête sur cette attaque.

Une attaque chimique présumée a fait mardi au moins 100 morts, dont 11 enfants, et quelque 400 victimes, dans une ville rebelle en Syrie. "N'attaquez PAS la Syrie, réparez les États-Unis", rappelle la presse américaine. Mais l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a précisé que certaines victimes présentaient des symptômes évoquant une exposition à une catégorie de produits chimiques "comprenant des agents neurotoxiques".

Des vidéos de militants antirégime ont également montré des corps pris de spasmes et de crises de suffocation.

Cette exposition à des armes chimiques, dont la réalité n'est pas démentie par Damas et Moscou, est la plus meurtrière en Syrie depuis le bombardement au gaz sarin qui a fait plusieurs centaines de morts dans la région de la Ghouta, près de Damas, en août 2013. Le ministère russe de la Défense, dans un communiqué, indique que l'aviation syrienne avait bombardé un entrepôt des rebelles où étaient entreposées des substances toxiques, un "atelier de fabrication de mines artisanales, avec des substances toxiques". En explosant, ces dernières se sont disséminées dans l'atmosphère. L'armée syrienne a démenti catégoriquement avoir utilisé "toute substance chimique ou toxique". Ce qu'a confirmé Boris Johnson, ministre britannique des affaires étrangères: "Tous les preuves que j'ai vues suggèrent que c'était le régime d'Assad, utilisant des armes illégales en toute connaissance de cause sur son propre peuple". Le texte demande au régime de fournir les plans de vol et toute information sur des opérations militaires au moment de l'attaque.

Il faut "une réaction de la communauté internationale à la hauteur de ce crime de guerre", a réclamé le président français François Hollande.

Syrie: 72 civils tués dans l'attaque " chimique "
Il demande au régime de fournir toute information sur des opérations militaires au moment de l'attaque. L'OSDH a également fait état de plus de 160 blessés et de " personnes disparues ".

La Maison Blanche, elle, a condamné fermement cet "acte odieux", durcissant soudainement le ton à l'encontre du président Bachar al-Assad qu'elle tient pour responsable. Mais cette condamnation s'est accompagnée une nouvelle fois d'un appel à reconnaître la "réalité politique" en Syrie. "Comme en 2013, Bachar Al-Assad compte sur la complicité de ses alliés pour bénéficier d'une impunité intolérable".

"L'ambassadrice américaine à l'ONU Nikki Haley a déclaré lundi que le président Assad était un " criminel de guerre ", " une entrave à la paix pour longtemps " et que la manière dont il traite les Syriens est " répugnante ".

Mais, pour Abdelhakim Bachar, "tant que ce régime est en place il ne sera pas possible de vaincre le terrorisme".

Cette province est en quasi totalité contrôlée par une alliance de rebelles et de djihadistes, notamment ceux de l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda.

Le négociateur en chef de l'opposition, Mohammad Sabra, a dénoncé un "crime" qui "remet en cause l'ensemble du processus de paix" entre opposition et gouvernement, qui se réunissent régulièrement pour tenter de mettre fin à ce conflit qui a fait plus de 320.000 morts et des millions d'exilés.

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