Attaque "chimique": Washington menace la Syrie d'une réponse militaire

07 Avril, 2017, 16:41 | Auteur: Basile Toussaint
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Le régime syrien et son allié russe ont rejeté en bloc jeudi les accusations des pays occidentaux sur l'attaque chimique présumée en Syrie, alors que se multiplient les efforts pour faire voter une résolution de condamnation à l'ONU.

" Le rôle d'Assad à l'avenir est incertain et avec les actes qu'il a perpétrés, il semblerait qu'il n'ait aucun rôle pour gouverner le peuple syrien ", a déclaré Rex Tillerson lors d'une déclaration impromptue à la télévision à l'aéroport de West Palm Beach en Floride où il a accueilli le président chinois Xi Jinping venu rencontrer son homologue américain Donald Trump. L'affront fait à la Russie est d'autant plus spectaculaire qu'il implique l'usage de gaz sarin, celui-là même que Moscou s'était fait fort d'éliminer - en coopération avec les États-Unis - après l'attaque chimique de Damas, en août 2013, en contraignant le régime de démanteler son arsenal.

- Le président français François Hollande a estimé que la "réponse" des États-Unis devait "maintenant être poursuivie au niveau international, dans le cadre des Nations Unies si c'est possible".

D'après lui, l'aviation a frappé mardi "un entrepôt de munitions appartenant" à des jihadistes et "contenant des substances chimiques". "Mais leur chef de la diplomatie, Walid Mouallem, a réaffirmé que l'armée syrienne " n'a pas utilisé et n'utilisera jamais " des armes chimiques contre son propre peuple, " pas même contre les terroristes ", mot utilisé par le régime pour désigner rebelles et jihadistes. Il y a quelques jours encore, Washington ne faisait plus du départ du dirigeant syrien une priorité.

Coup dur pour Vladimir Poutine, qui se retrouve pris en otage par Bachar al-Assad. L'ambassadrice américaine à l'Onu, Nikki Haley, est allée plus loin en brandissant, mercredi, la menace d'une action unilatérale des États-Unis.

Ce jour-là, un raid imputé à l'armée syrienne contre la localité de Khan Cheikhoun (nord-ouest) a fait au moins 86 morts, dont 27 enfants, et provoqué une indignation internationale.

Une camionnette renverse des passants à Stockholm, des blessés — Suède
Un véhicule a renversé des passants en plein centre de Stockholm, en Suède, ce vendredi en début d'après-midi. Selon un bilan fourni par la station de radio publique Ekot, il y aurait au moins trois morts.

De son côté, l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques a indiqué, hier soir, avoir "pris contact avec les autorités syriennes " et ouvert une enquête sur l'attaque.

Mais d'après un responsable américain, la Maison Blanche examine des options militaires que lui a présentées le Pentagone.

Si la responsabilité de l'armée syrienne dans l'attaque chimique de mardi est avérée, ce dont les Etats-Unis n'ont pas encore administré la preuve, des représailles peuvent s'avérer justifiées.

Des habitants de Khan Cheikhun enterrent les victimes d'une attaque au gaz toxique, le 5 avril dans la province d'Idleb, en Syrie.

Il faut construire la sortie de Bachar al-Assad, oui. Le problème, c'est que la situation sur le terrain s'est depuis compliquée car la Russie soutient militairement le régime syrien. Puis on doit ensuite construire une transition politique, sortir Bachar al-Assad du jeu mais dans un premier temps, cette transition se fera avec lui. "Qui sont nos ennemis?", a poursuivi M. Erdogan.

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