Frappes en Syrie: "un préjudice considérable" aux relations russo-américaines

07 Avril, 2017, 15:37 | Auteur: Armand Coulomb

De son côté, la télévision d'État syrienne a qualifié l'attaque "d'agression", tout en rapportant que des missiles américains avaient atteint un certain nombre de cibles militaires.

Au moins 5 soldats syriens, dont un officier, ont été tués et 7 autres blessés dans les frappes aériennes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Elles ont visé la base aérienne de Shayrat, "associée au programme" d'armes chimiques de Damas et "directement liée" aux évènements "horribles" de mardi. Les images de victimes agonisantes avaient alors choqué le monde. "C'est ce que la France avait demandé à l'été 2013 au lendemain de l'attaque chimique de la Ghouta", annonce le communiqué. Le président américain a par ailleurs appelé toutes les "nations civilisées" à oeuvrer pour faire cesser le bain de sang en Syrie et le terrorisme. Un conflit qui a jeté des millions de personnes sur les routes et provoqué la pire crise humanitaire depuis la Seconde Guerre mondiale.

Les responsables militaires américains ont déclaré que la rapidité avec laquelle l'administration de M. Trump avait répondu, était destinée à capitaliser sur l'élément de surprise.

En difficulté depuis plusieurs mois face au régime, la coalition de l'opposition politique syrienne s'est félicitée de l'opération américaine. "Nous espérons la poursuite des frappes", a ainsi déclaré à l'AFP un porte-parole des opposants.

"Le président Poutine considère les frappes américaines contre la Syrie comme une agression contre un Etat souverain en violation des normes du droit international, (se fondant) sur des prétextes inventés", a affirmé le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Le Pentagone a fait savoir que les forces russes avaient été informées à l'avance des tirs de missile et que les zones susceptibles de les abriter n'avaient pas été visées.

Les bombardements américains en Syrie divisent la communauté internationale
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Il s'exprimait à l'issue d'une réunion du Conseil de sécurité qui n'a pas réussi, après deux jours de débat, à se mettre d'accord sur une résolution de condamnation de l'attaque de mardi. Il a en outre plaidé pour le départ du président Assad, alors que, il y a une semaine, il avait semblé s'accommoder de son maintien au pouvoir.

La Syrie s'est invitée vendredi dans la campagne présidentielle après les frappes américaines, avec des réactions allant d'un soutien de Benoît Hamon et d'Emmanuel Macron, dans la ligne de François Hollande, aux critiques de Marine Le Pen, en passant par la prudence de François Fillon.

- La Chine a appelé à "éviter toute nouvelle détérioration de la situation" en Syrie, tout en condamnant "l'usage d'armes chimiques, par n'importe quel pays".

Des frappes justifiées par les Américains est leur alliés comme étant une réponse à une attaque chimique présumée que Donald Trump a qualifiée de "honte pour l'humanité".

Si elle condamne de nouveau "de la manière la plus claire qui soit" l'attaque chimique, à l'origine du bombardement de cette nuit, Marine Le Pen refuse d'en attribuer la responsabilité au régime de Damas: "il faut attendre les résultats de l'enquête internationale". Médecins sans frontières (MSF) évoque "un agent neurotoxique de type gaz sarin". Même s'il n'est pas inhalé, son simple contact avec la peau bloque la transmission de l'influx nerveux et entraîne la mort par arrêt cardio-respiratoire.

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