Attaque chimique: les Etats-Unis menacent la Syrie d'une réponse militaire

08 Avril, 2017, 02:44 | Auteur: Armand Coulomb

Dorénavant aux yeux de M. Tillerson "le rôle d'Assad à l'avenir est incertain et avec les actes qu'il a perpétrés, il semblerait qu'il n'ait aucun rôle pour gouverner le peuple syrien".

Le visage grave, le président républicain a affirmé que l'Amérique était "synonyme de justice", appelant les "nations civilisées" à mettre fin au bain de sang en Syrie, ravagée par une guerre qui a fait 320 000 morts depuis mars 2011, jeté des millions de réfugiés sur les routes et provoqué la pire crise humanitaire depuis la Seconde guerre mondiale.

Pour sa part, la Résistance iranienne a décrit l'attaque chimique sur Idlib et le carnage sans pitié de personnes sans défense, de "un crime de guerre majeur ".

"L'utilisation d'armes chimiques constitue une violation inacceptable de la convention sur l'interdiction des armes chimiques et un nouveau témoignage de la barbarie dont le peuple syrien est victime depuis tant d'années", a déclaré le ministre des affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault. Jeudi, Rex Tillerson a en outre plaidé pour le départ du président Assad. Des médecins et des ONG comme Médecins sans frontières (MSF) ont également évoqué l'utilisation d'"agents neurotoxiques", en particulier le gaz sarin.

Téhéran apporte un soutien financier et militaire au régime du président Assad et accuse régulièrement des pays occidentaux et arabes de favoriser les insurgés en Syrie.

L'ancienne secrétaire d'Etat démocrate Hillary Clinton, qui avait milité pour une approche plus musclée de l'administration de Barack Obama contre le régime de Damas, s'est dite favorable à des frappes pour "détruire" les bases aériennes syriennes.

Les Etats-Unis ont frappé jeudi soir la Syrie, tirant des dizaines de missiles de croisière contre une base aérienne du régime en réponse à une attaque chimique présumée que Donald Trump a qualifiée de "honte pour l'humanité".

Syrie: les Etats-Unis frappent une base militaire du régime
Mélenchon sur Twitter après les frappes américaines contre le régime de Damas. C'est par un communiqué commun avec Angela Merkel que M.

L'ambassadrice américaine à l'ONU Nikki Haley avait abondé dans le même sens - " Il faut choisir ses batailles " - avant de changer profondément de discours quelques jours plus tard.

"D'après lui, l'armée de l'air a frappé " un entrepôt de munitions appartenant " à des jihadistes et " contenant des substances chimiques ". Selon des diplomates, cette troisième proposition de résolution a été présentée avant la réunion à huis clos des 15 membres sur la Syrie, commencée à 18H30 (00H30 vendredi matin en Belgique).Il n'est pas clair si la Russie ou les quatre autres membres permanents du Conseil seront favorables à ce projet de résolution, alors que les Etats-Unis s'interrogent sur une éventuelle option militaire en Syrie.

" La France a voulu en 2013 mener une intervention contre le régime de Bachar al-Assad", après une attaque chimique, a-t-il rappelé". "Si c'était confirmé, c'est gravissime".

"Pour moi, le moins pire, c'est Bachar al-Assad", expliquait-elle au journal libanais L'Orient-Le Jour, lors d'une visite au Liban en février.

Enfin, ajoute M. Juneau, il y a aussi une question de contexte militaire et la préparation: "Éventuellement, quand il en sera capable, le régime va vouloir attaquer cette province-là. Il n'a pas précisé quelle forme cette intervention devrait prendre ou quels lieux devraient être ciblés".

"Il a ensuite déclaré que la " priorité absolue " de la France restait la lutte contre le groupe Etat Islamique, et qu'il fallait " construire la sortie de Bachar al-Assad ".

Mardi, un raid imputé à l'armée syrienne contre la localité de Khan Cheikhoun dans le nord-ouest de la Syrie a fait au moins 86 morts, dont 27 enfants, et provoqué une indignation internationale.

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