Frappes américaines contre le régime d'Assad — Syrie

08 Avril, 2017, 14:13 | Auteur: Emma Bardin

Pour l'heure, outre la convocation en urgence d'une réunion du Conseil de sécurité, la riposte russe consiste à suspendre le mécanisme de prévention des incidents entre avions russes et américains dans l'espace aérien syrien et à maintenir la présence des forces aériennes russes en Syrie pour soutenir les opérations "anti-terroristes" du régime.

Le Pentagone soupçonne les Syriens d'avoir été aidés pour mener à bien l'opération, mais les militaires américains ne sont pas allés jusqu'à accuser la Russie.

La salve de missiles de croisière américains a provoqué la colère de la Russie, l'alliée indéfectible de Bachar el-Assad, avec l'Iran.

Mardi, soit avant l'annonce d'une nouvelle attaque à l'arme chimique en Syrie, le président Béji Caïd Essebsi avait déclaré que la Tunisie n'était pas opposée à une reprise à leur niveau "normal" des relations diplomatiques avec la Syrie rompues il y a cinq ans. "Nous qualifions cette attaque de violation flagrante de la loi internationale et d'acte d'agression", a déclaré le représentant de Moscou à l'ONU, Vladimir Safronkov, lors de cette réunion. Mais malgré l'ire de la Russie, sa visite à Moscou la semaine prochaine n'a pas été annulée pour le moment.

Une source militaire syrienne a cependant indiqué à l'AFP que l'armée avait eu vent de l'action américaine et avait "pris des précautions". La Russie a aussi souligné que la frappe n'avait guère été efficace, moins de la moitié seulement des missiles explosant sur la base visée, selon elle. Une vingtaine d'avions ont été détruits ou endommagés, indique une source militaire. La frappe a tué au moins six militaires et fait plusieurs blessés, selon l'armée syrienne. Son homologue allemand Sigmar Gabriel a estimé que les frappes étaient "compréhensibles", tout en appelant à une solution politique sous l'égide de l'ONU. Ces frappes sont "une réponse appropriée à l'attaque barbare à l'arme chimique perpétrée par le régime syrien", a estimé un porte-parole de Downing Street. Il n'a pas non plus cherché à obtenir d'autorisation du Conseil de sécurité avant cette action.

Quelques heures plus tard, vers 03h40 locale (00h40 heure française), 59 missiles de croisière Tomahawk sont tirés par deux navires américains en Méditerranée vers la base aérienne d'Al-Chaayrate, située près de la ville centrale de Homs.

L'agence de presse officielle Sana a annoncé ensuite la mort de neuf civils, dont des enfants, dans des villages environnants.

" "Washington se dit prêt à une nouvelle action militaire si " nécessaire " — Syrie
Trump a été bien accueillie par les autres pays impliqués dans la crise syrienne, comme la Turquie et les Etats européens. Mais ils attendent maintenant un vrai réengagement américain pour soutenir le processus politique en Syrie.

"Les États-Unis n'attendront plus qu'Assad utilise des armes chimiques sans conséquences".

En difficulté depuis des mois face au régime, la coalition de l'opposition politique syrienne a applaudi l'opération américaine, même si "frapper un seul aéroport n'est pas suffisant", a dit Mohammad Allouche, membre du Haut comité des négociations (HCN).

Les forces du régime cherchent à reprendre les derniers bastions des rebelles, notamment dans la province d'Idleb (nord-ouest), et des groupes djihadistes.

Autre allié de poids des Etats-Unis dans la région, l'Arabie saoudite a salué la décision "courageuse du Président (Donald) Trump " et assuré qu'elle "soutenait pleinement " les frappes américaines, selon un responsable au Ministère des Affaires étrangères.

L'ancien président américain Barack Obama avait finalement renoncé en 2013 à frapper le régime de Damas, acceptant qu'il dépose son arsenal chimique.

Voici les cinq moments-clés des trois jours qui ont conduit au revirement sur le conflit syrien de Donald Trump, jusqu'ici considéré comme un président isolationniste.

En août 2013, Paris avait été le principal soutien de Washington dans l'optique d'une intervention en Syrie à la suite d'un massacre en banlieue de Damas (la Ghouta), où quelque 1.400 personnes avaient été tuées -selon le renseignement américain- par un bombardement au gaz sarin.

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