Syrie: les Etats-Unis prêts à frapper de nouveau "si nécessaire"

09 Avril, 2017, 09:59 | Auteur: Armand Coulomb

"Je prends note de l'intervention américaine, de cette réaction mon souhait c'est qu'il y ait véritablement une action coordonnée sur le plan international en représailles au régime de Bachar al-Assad et aux crimes qui ont été commis", a-t-il déclaré à la presse.

Pour Dmitri S. Peskov, porte-parole du président Russe Vladimir Poutine, ces frappes ont été lancées pour détourner l'attention des nombreuses victimes civiles de l'attaque américaine à Mossoul, en Irak.

Elle avait alors prévenu que les États-Unis étaient préparés à entreprendre des actions supplémentaires en Syrie, mais avait ajouté qu'elle espérait que cela ne serait pas nécessaire.

Pendant les trois jours de réunions, les conseillers militaires décisifs pour Donald Trump ont été son conseiller à la sécurité nationale H.R. McMaster, le secrétaire à la Défense Jim Mattis et le chef d'état-major des armées américaines, le général Joseph Dunford, tous militaires ou anciens militaires, expliquent ceux qui ont participé aux réunions. D'après le candidat Républicain, la France doit exiger que l'enquête des Nations unies soit conduite rapidement pour faire respecter l'interdiction d'utilisation des armes chimiques.

La communauté internationale a largement appuyé l'attaque américaine contre la base syrienne et estime que le régime Assad est responsable du massacre à l'arme chimique de cette semaine. Cette éventualité n'aurait jamais traversé l'esprit du précédent président américain certes " antirusse", mais prudent, prévisible et mesuré, qu'était Barack Obama.

Le Japon "apprécie hautement l'engagement fort du président Donald Trump pour le maintien de l'ordre international et pour la paix et la sécurité des alliés et du monde ", selon les mots de Shinzo Abe, le Premier ministre japonais.

Le président français et la chancelière allemande ont affirmé dans un communiqué conjoint avoir été "préalablement informés" des frappes américaines en Syrie, et indiqué que "Bachar al-Assad porte l'entière responsabilité de ce développement". Le Premier ministre australien Malcolm Turnbull s'est pour sa part félicité de la frappe aérienne américaine contre une base militaire syrienne.

Ces frappes sont "une réponse appropriée à l'attaque barbare à l'arme chimique perpétrée par le régime syrien", estime le porte-parole dans une déclaration.

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Ils y voient plutôt une marque de " realpolitik ". "James Mattis (ndlr: le secrétaire à la Défense) et H.R. Cette opération lourde et significative a, par conséquent, fait relativement peu de victime.

Sur ordre du président Donald Trump, les Etats-Unis ont tiré 59 missiles contre une base aérienne militaire en Syrie en riposte à une attaque chimique présumée qui a fait 86 morts mardi dans une ville du nord-ouest de la Syrie, imputée à Bachar el-Assad, qui dément formellement.

C'était l'une des rares formes de coopération entre les deux pays qui mènent des missions de combat dans le même espace aérien pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale.

La France a jugé avec l'Allemagne qu'Assad portait l'entière responsabilité de ces frappes en recourant aux armes chimiques et aux crimes de masse.

A l'époque, M. Trump avait exhorté M. Obama à ne pas intervenir.

L'Iran, autre allié indéfectible d'Assad, a bien reçu lui aussi le message d'un Donald Trump devenu brusquement interventionniste.

Les négociations intersyriennes menées sous l'égide de l'Onu à Genève ont jusqu'à présent achoppé sur les questions de l'avenir de Bachar al Assad et de la mise en place de la transition démocratique. Ce bombardement ne fera qu'"aider les groupes terroristes qui sont en déclin et compliquer encore la situation en Syrie et dans la région", selon Bahram Ghassemi, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, cité par l'agence Fars.

Les Etats-Unis menaient déjà des frappes aériennes en Syrie, contre l'Etat islamique qui contrôlent des territoires dans le nord et l'est du pays, tandis qu'un petit nombre de troupes américaines aident sur le terrain les milices qui luttent contre l'Etat islamique.

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