Le camp Erdogan annonce la victoire du oui — Référendum en Turquie

17 Avril, 2017, 00:40 | Auteur: Thibaud Popelin
  • Recep Tayyip Erdogan en meeting pour le référendum. Rize le 3 avril 2017

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a salué dimanche une "décision historique" en revendiquant la victoire du oui au référendum sur le renforcement de ses pouvoirs, et appelé les pays étrangers à "respecter" cette décision. Les Turcs ont voté dimanche sur une révision constitutionnelle visant à remplacer le système parlementaire par un système présidentiel.

Pour M. Erdogan, 63 ans, cette mesure est nécessaire pour doter la Turquie d'un exécutif fort et stable au moment où le pays affronte des défis économiques et sécuritaires majeurs.

" Si Dieu le veut, notre nation, ici et à l'étranger, s'avancera vers l'avenir ce soir en faisant le choix attendu ", a déclaré Recep Tayyip Erdogan après avoir voté sur la rive asiatique d'Istanbul, ce dimanche matin. Le CHP et le HDP ont vivement dénoncé une mesure annoncée à la dernière minute par le Haut-Conseil électoral turc (YSK), celle de considérer comme valides les bulletins ne comportant pas le tampon officiel du bureau de vote dans lequel ils ont été glissés dans l'urne.

Aux termes de cette réforme, le pouvoir exécutif serait détenu par le président, la fonction de Premier ministre serait supprimée et Recep Tayyip Erdogan, qui a échappé à une tentative de putsch le 15 juillet, disposerait d'un pouvoir considérablement renforcé et pourrait rester au pouvoir au moins jusqu'en 2029. "Il a perdu Istanbul, là où il a entamé sa carrière politique", en en devenant maire en 1994, a écrit sur Twitter Soner Cagaptay, analyste spécialiste de la Turquie au Washington Institute.

Le Premier ministre Binali Yildirim a assuré après avoir voté dans la ville d'Izmir (ouest) que "le verdict du peuple" serait "respecté", quelle que soit l'issue du scrutin.

Le groupe EI a appelé dans le dernier numéro de son hebdomadaire Al-Naba à des attaques contre les bureaux de vote en Turquie lors du référendum. Suite à l'interdiction de plusieurs meetings pro-Erdogan aux Pays-Bas et en Allemagne, il avait affirmé que " la Turquie n'est pas un pays qu'on peut bousculer, dont on peut jouer avec l'honneur, dont on peut expulser les ministres.

"Bien entendu que je vote pour soutenir le président".

Neuer, un record d'arrêts cette saison — LdC
Neuer est battu (1-1, 47e). - Sur un centre d'Asensio, Ronaldo, dans la surface, coupe la trajectoire de la semelle. Carlo Ancelotti pouvait se prendre la tête à deux mains. " Pour le match retour, il sera prêt à 100 %".

Hencer Senkom, un militaire à la retraite, n'a quant à lui pas mâché ses mots après avoir voté contre la révision constitutionnelle dans une école d'Ankara.

"Je suis contre ce gouvernement, car je connais sa vision du monde. Il y a eu des réformes entre 2002 et 2004 et on nous a dit que la Turquie allait adhérer à l'Union européenne et qu'elle allait mettre fin au terrorisme, mais rien de tout cela n'a été accompli", a-t-il expliqué.

Si le texte était approuvé, "il enclencherait la restructuration la plus drastique des 94 ans d'histoire de la politique turque et de son système de gouvernance", selon un rapport signé par Sinan Ekim et Kemal Kirisci, du centre d'analyses Brookings Institution.

L'opposition a déploré ces dernières semaines une campagne inéquitable, avec une nette prédominance du oui dans les rues et dans les médias. Quelque 47 000 personnes ont été arrêtées et plus de 100 000 limogées ou suspendues.

Le parti prokurde HDP a ainsi dû faire campagne avec ses deux coprésidents et nombre de ses élus en prison, accusés de liens avec l'organisation séparatiste Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Les principales incertitudes pour M. Erdogan résident dans le vote des Kurdes, un cinquième de la population, et celui du camp de la droite nationaliste, dont le chef, Devlet Bahçeli, soutient la révision constitutionnelle, mais dont la base est divisée.

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