Erdogan gagne de justesse son référendum — Turquie

18 Avril, 2017, 07:45 | Auteur: Armand Coulomb

C'est une victoire étroite, lourde d'inconnues, que celle remportée par Recep Tayyip Erdogan dimanche 16 avril lors du référendum destiné à instaurer une " hyperprésidence, donnant au chef de l'Etat des pouvoirs sans précédent, lui permettant de contrôler l'exécutif mais aussi très largement le législatif et le judiciaire.

La première élection du président au suffrage universel en 2014 (Erdogan, jusqu'ici Premier ministre, avait été élu dès le premier tour) à la suite d'une réforme constitutionnelle en 2007, a déjà transformé le système politique.

En dépit de la victoire annoncée du oui dans l'ensemble du pays, le camp du non l'a emporté dans les trois principales villes, Istanbul, Ankara et Izmir.

Erdogan argue qu'une concentration des pouvoirs entre les mains du président est essentielle pour éviter l'instabilité de la Turquie au moment où le pays fait face aux attentats islamistes, à l'insurrection kurde, aux conséquences de la guerre civile chez son voisin syrien et aux effets de la tentative de coup d'Etat de juillet dernier. Le CHP a lui aussi critiqué cette décision, qui concerne trois millions de bulletins de vote, soit plus de deux fois le nombre de voix d'avance (1,25 millions) du "oui".

"Au vu du résultat serré du référendum et des implications profondes des amendements constitutionnels, nous appelons (.) les autorités turques à rechercher le consensus national le plus large possible dans leur mise en oeuvre", écrivent dans un communiqué commun le président de la Commission de l'UE, Jean-Claude Juncker, la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, et le responsable de l'élargissement de l'UE, Johannes Hahn, l'opposition turque craignant de son côté une dérive autoritaire. Le soutien en faveur du "oui" a dominé la couverture médiatique de la campagne, qui a été entachée par l'arrestation de journalistes et la fermeture de certains médias, constatent les observateurs. "Le cadre juridique a été insatisfaisant pour la tenue d'un processus authentiquement démocratique", a estimé Cezar Florin Preda, chef d'une délégation de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. Mais Erdogan a balayé ces observations.

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"La mentalité de croisés de l'Occident et de ceux qui, chez nous, la servent, nous a attaqués!", a-t-il dit à son arrivée à Ankara, où il devait présider un conseil des ministres. "Nous continuerons sur notre voie".

C'est fait, le président turc, Reccep Tayyip Erdogan, a les pleins pouvoirs. Une telle mesure signerait la fin des efforts de la Turquie pour rejoindre l'Union européenne.

Paris "prend acte des chiffres annoncés" après le referendum de dimanche - et "des contestations émises" - tout en relevant que ces chiffres "montrent qu'en tout état de cause la société turque est divisée sur les profondes réformes envisagées".

Trump et Erdogan sont également convenus de l'importance de tenir responsable le président syrien, Bachar al Assad, de l'attaque chimique et ont évoqué le combat contre l'organisation Etat islamique. Ils ne rendront bien entendu des comptes qu'au chef de l'Etat.

Environ 2,9 millions de personnes pouvaient voter à l'étranger dont environ la moitié en Allemagne.

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