Erdogan évoque un nouveau référendum sur la peine de mort — Turquie

18 Avril, 2017, 11:11 | Auteur: Armand Coulomb

Le président turc a obtenu le "oui" qu'il recherchait au référendum sur le renforcement de ses pouvoirs.

Le système présidentiel n'entrera pas en vigueur avant 2019, date à laquelle se termine le mandat de M. Erdogan, et à laquelle seront organisées des élections parlementaires.

Berlin pour sa part, a dit "prendre acte" du résultat du vote qui a vu le "oui" l'emporter avec 51,37% après dépouillement des bulletins dans 99,45% des urnes. À l'étranger, le camp du " oui " l'a également emporté dans certains pays d'Europe comme la France (65,2%), l'Allemagne (63%) et les Pays-Bas (70,3%). En Belgique, il obtient 77,1%.

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" Le pays a pris une décision historique ", s'est félicité le chef de l'Etat, tout en mettant en garde tous ceux qui contesteraient le résultat de la consultation.

Le président, Recep Tayyip Erdogan, a affirmé que le référendum sur le renforcement de ses pouvoirs était un scrutin pour l'avenir de la Turquie.

L'opposition dénonce des manipulations, va contester le résultat — Référendum en Turquie
"Après le référendum turc, nous ne pouvons pas simplement revenir aux affaires courantes". Des opposants sont descendus dans les rues d'Istanbul après la victoire d'Erdogan .

Le principal parti d'opposition, le CHP (Parti républicain du peuple), qui a fait campagne pour le non, a réclamé lundi l'annulation du scrutin en raison de nombreuses irrégularités qui auraient été constatées. Avec cette victoire, Recep Tayyip Erdogan pourrait être tenté d'enterrer le projet d'adhésion, pour privilégier les relations commerciales, sous la forme d'une union douanière renforcée, par exemple. "C'est cela, l'origine de la crise de la Turquie moderne", explique Soner Cagaptay, analyste au Washington Institute. " On attendait plus, mais je suis heureuse ", clame Yadigar Boztepe, une jeune femme tenant un drapeau turc à la main. La réforme prévoit un accroissement des pouvoirs du président Erdogan.

Plus de 55 millions de Turcs s'étaient inscrits comme électeurs, sur 80 millions d'habitants. Une pilule qui passe mal du côté de l'opposition... Les manifestants entrechoquaient des casseroles et poêles, comme lors des rassemblements contre le gouvernement au parc Gezi en 2013. Des supporters du président Erdogan se sont réunis pour célébrer la victoire devant le siège du parti AKP au pouvoir à Ankara et Istanbul. Toutefois, ils avaient espéré une large victoire nette. Mais l'opposition dénonce la dérive autoritaire d'un homme qu'elle accuse de chercher à museler toute voix critique, surtout depuis le putsch manqué.

L'opposition et les ONG ont aussi déploré une campagne inéquitable, avec une nette prédominance du "oui " dans les rues et les médias.

De nombreux attentats, imputés à la guérilla kurde ou au groupe jihadiste Etat islamique (EI), ont depuis secoué la Turquie.

Les autorités procèdent depuis à des purges d'une ampleur sans précédent: plus de 47.000 personnes ont été arrêtées et plus de 100.000 limogées ou suspendues de leurs fonctions.

Le parti prokurde HDP a ainsi dû faire campagne avec ses deux coprésidents et nombre de ses élus en prison, accusés de liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Et en Autriche, le "oui" dépasse les 73,23%, toujours selon les résultats publiés par l'agence Anadolu.

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