Turquie : les résultats du référendum contestés

18 Avril, 2017, 06:14 | Auteur: Armand Coulomb

Le dirigeant âgé de 63 ans a occupé le poste de premier ministre entre 2003 et 2014, avant d'être élu président.

Les derniers résultats provisoires publiés par l'agence de presse Anatolie, sur 99 % des bulletins dépouillés, donnent une courte avance au oui, avec 51,34 % des suffrages.

Le chef du Haut-Conseil électoral (YSK) a cependant confirmé la victoire du "oui", précisant qu'il devançait le "non" de quelque 1,25 million de voix, avec seulement 600.000 bulletins de vote restant à dépouiller.

Au total, quelque 55,3 millions de Turcs étaient appelés à voter dimanche, et le taux de participation s'est établi à 85%, selon le YSK.

Dans un discours télévisé, le chef de l'État, qui a salué une "décision historique " du peuple turc, a aussitôt appelé les pays étrangers à "respecter " le résultat du scrutin.

A la télévision turque, Recep Tayyip Erdogan a évoqué la possibilité d'organiser un nouveau référendum, cette fois-ci sur le rétablissement de la peine capitale, une initiative qui sonnerait le glas du processus d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne.

Réagissant à cette étroite victoire du oui, l'UE a immédiatement pressé la Turquie de chercher un "consensus national".

Le président Erdogan a placé les relations avec l'UE au coeur de la campagne, critiquant Bruxelles pour l'absence de progrès dans les discussions en vue de l'intégration de la Turquie et usant du qualificatif de "nazi" à l'égard de l'Allemagne et des Pays-Bas, qui ont interdit les meetings électoraux aux communautés turques sur leur territoire.

Macron, Le Pen, Mélenchon et Fillon sont dans la marge d'erreur — Sondages
Dans une semaine, jour pour jour, se déroulera le premier tour de l'élection présidentielle française. Le candidat de Solidarité et Progrès Jacques Cheminade est crédité de 0% d'intentions de vote.

Les deux principaux partis d'opposition, le CHP et le HDP (prokurde), ont dénoncé des "manipulations" au cours du référendum et annoncé qu'ils feraient appel du résultat. Ainsi, le Haut Conseil électoral aurait décidé de valider des bulletins qui ne comportaient pas le tampon officiel du bureau de vote où ils provenaient, a dénoncé le CHP à CNN-Türk.

Cette mesure a "rendu sujet à débat la légitimité du référendum", et "jeté une ombre sur la décision de la nation", a affirmé le chef du CHP, Kemal Kiliçdaroglu.

Selon des témoins, il y aurait eu des protestations dans divers quartiers d'Istanbul, dont Kadiköy et Besiktas, et à Izmir dans l'ouest du pays. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. Les régions peuplées en majorité de Kurdes du Sud-Est ont aussi massivement voté contre l'accroissement des prérogatives du chef de l'État. En cas de victoire, M. Erdogan, qui a échappé à une tentative de putsch il y a neuf mois, disposerait d'un pouvoir considérablement renforcé et pourrait, en théorie, rester président jusqu'en 2029.

Un peu plus tôt, le premier ministre turc, Binali Yildirim, avait lui aussi clamé la victoire de son camp. " Ce résultat montre qu'une partie du pays ne veut pas rendre le pays plus fort et a une mentalité européenne, l'autre partie ce sont des vrais Anatoliens ", a renchéri un autre supporteur, Mustafa Umit Unsal.

Des partisans du président turc fêtent la victoire du "oui" au référendum sur le renforcement de ses pouvoirs, à Ankara le 16 avril 2017.

Le gouvernement présente cette révision constitutionnelle comme indispensable pour assurer la stabilité du pays et lui permettre d'affronter les défis sécuritaires et économiques.

Mais l'opposition et les ONG ont déploré une campagne inéquitable, avec une nette prédominance du oui dans les rues et les médias.

Recommande: