Les observateurs européens dénoncent des conditions inéquitables — Référendum en Turquie

24 Avril, 2017, 04:22 | Auteur: Armand Coulomb

Coutumier des tensions avec les Européens, M. Erdogan a lancé à un millier de ses supporters dans son palais: "Ils préparent un rapport à leur goût".

"Erdogan s'est toujours vanté (.) de l'authenticité du soutien que lui apportaient les Turcs", ajoute-t-il.

Une petite formation politique de gauche non représentée au Parlement, le Parti de la Liberté et de la Solidarité (ODP), a annoncé que la police turque avait arrêté tôt mercredi le chef de sa branche d'Istanbul Mesüt Geçgel sous l'accusation d'avoir "incité à l'agitation" en questionnant la légitimité du référendum.

Les deux principaux partis d'opposition ont toutefois dénoncé des "manipulations" au cours du référendum.

En cause, la décision du YSK de considérer comme valides les bulletins non marqués du sceau officiel des autorités électorales. L'opposition y a vu une manoeuvre rendant possibles des fraudes. Elle pointe également des modifications tardives dans la procédure de comptage des voix qui "ont supprimé un important garde-fou".

"Ankara avait fermement rejeté mardi un appel de l'Union européenne à mener une "enquête transparente" sur les irrégularités présumées qui ont été constatées par les observateurs". "(.) Nous pourrons aller au-devant de notre peuple, et nous obéirons à sa décision", a lancé M. Erdogan, sans avancer de date pour une éventuelle initiative de ce type.

La veille il avait déjà lancé l'idée d'un référendum sur le rétablissement de la peine de mort.

Ses partisans soutiennent qu'une telle mesure est nécessaire pour stabiliser l'exécutif et établir des barrières claires avec le judiciaire et le législatif.

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On manque des opportunités, on doit mener 2-0 à la mi-temps sans discussion. Donc il n'y a pas de raison pour moi de penser à un départ.

Au lendemain de la courte victoire du camp Erdogan lors du référendum sur le renforcement des pouvoirs présidentiels en Turquie, l'Élysée a prévenu qu'une nouvelle consultation turque, portant cette fois sur la peine de mort, constituerait "une rupture avec les valeurs" européennes.

"L'Union européenne menace de geler les négociations. Qu'ils nous communiquent leur décision!", a ajouté M. Erdogan.

Avant son discours au palais, M. Erdogan s'était offert une parade triomphale dans les rues de la capitale, à son retour d'Istanbul.

Avec sa victoire, M. Erdogan, qui a échappé à une tentative de putsch le 15 juillet 2016, pourrait en théorie rester à la tête de l'Etat jusqu'en 2029. Il a occupé le poste de chef du gouvernement entre 2003 et 2014, avant d'être élu président.

Le responsable de l'APCE a notamment relevé le fait que le référendum avait été organisé en plein état d'urgence, en vigueur depuis un putsch avorté en juillet.

"Je ne pense pas qu'Erdogan va s'écarter de l'approche musclée de la politique qu'il a adoptée jusqu'à présent", estime Fadi Hakura, du centre de réflexion londonien Chatham House. "Il risque de mettre les bouchées doubles sur sa ligne très dure".

Murat Yetkin, rédacteur en chef du quotidien anglophone Hürriyet Daily News souligne pour sa part qu'"Erdogan est un politicien suffisamment expérimenté pour savoir que cette victoire étriquée ne l'autorisera pas à agir aussi librement qu'il le pourrait avec une marge plus importante".

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