Référendum turc : l'opposition objecte, Ankara rabroue l'UE

24 Avril, 2017, 04:10 | Auteur: Armand Coulomb

La campagne pour le référendum en Turquie sur le renforcement des pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan s'est déroulée dans des conditions inéquitables, a estimé lundi une mission commune d'observateurs de l'OSCE et du Conseil de l'Europe.

Dix membres de l'YSK ont voté contre l'annulation du vote et un a voté en faveur, selon la chaîne privée NTV.

"Des modifications tardives dans la procédure de comptage (des voix) ont supprimé un important garde-fou" contre les fraudes, a par ailleurs relevé Cezar Florin Preda, faisant allusion à la décision des autorités électorales d'accepter les bulletins non estampillés du sceau officiel.

Erdogan espérait un plébiscite mais il n'a recueilli que 51,41% des suffrages dimanche selon les résultats provisoires et le +non+ l'a emporté dans les trois premières villes du pays, Istanbul, Ankara et Izmir.

A Kadiköy, sur la rive asiatique de la métropole, des femmes ont fait entendre leur mécontentement en tapant sur des casseroles. Devant le Parlement, le Premier ministre, Binali Yildirim, a clairement affiché son peu de considération pour les préoccupations de l'opposition.

Le président russe Vladimir Poutine a téléphoné à M. Erdogan pour le féliciter, comme son homologue américain Donald Trump l'avait fait lundi, mais l'Union européenne a appelé Ankara à une "enquête transparente sur les irrégularités présumées qui ont été constatées par les observateurs" internationaux, exhortant à la "retenue".

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Les résultats définitifs ne sont pas encore remontés vers le bureau centralisateur, cependant une première tendance se dégage. Macron pendant la campagne, votera également pour lui, de même que François Baroin "à titre personnel " ou Alain Juppé .

Les Turcs ont approuvé à une courte majorité dimanche une révision constitutionnelle pour remplacer le système parlementaire par un système présidentiel qui doit élargir les prérogatives de M. Erdogan.

Une telle mesure sonnerait le glas du processus d'adhésion de la Turquie à l'UE, dans les limbes depuis plusieurs années.

Avec sa victoire, M. Erdogan, qui a échappé à une tentative de putsch le 15 juillet 2016, pourrait en théorie rester à la tête de l'Etat jusqu'en 2029.

Le quotidien Hürriyet a rapporté mardi qu'un remaniement ministériel d'envergure était en préparation et que des élections anticipées, dès le printemps 2018, n'étaient pas exclues.

Le responsable de l'APCE a notamment relevé le fait que le référendum avait été organisé en plein état d'urgence, en vigueur depuis un putsch avorté en juillet.

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