Présidentielle : un record de votes blancs et nuls

08 Mai, 2017, 14:17 | Auteur: Franck Riqueti
  • Le président élu Emmanuel Macron et le président sortant François Hollande lors des cérémonies de commémoration du 8 mai 1945 sur les Champs-Elysées à Paris le 8 mai 2017

L'abstention au second tour est estimée à 25,3 %, un record depuis la présidentielle de 1969. Malgré la hausse sensible du corps électoral (de 41 à 47,5 millions d'électeurs) qui devrait donner un avantage mathématique à Emmanuel Macron, celui-ci a réuni sur son nom un peu plus de 20 millions de voix, quand Jacques Chirac en avait cumulé plus de 25,5 millions (82,2%). Selon plusieurs instituts de sondages, le taux de blancs et nuls est de 8,8% (Ipsos-Steria) ou 9% (Elabe) des inscrits, soit environ 12% des votants.

"Cela ferait au total plus d'un Français sur trois qui aurait choisi de ne pas choisir entre les deux candidats. C'est vraiment beaucoup pour une présidentielle".

Au premier tour de la présidentielle de 2017, 2,56% des électeurs avaient voté blanc ou nul. C'était plus qu'au premier tour de 2012 (1,92%) et 2007 (1,4%), mais moins qu'en 2002 (3,38%), selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. Chez les électeurs, au premier tour, de Marine Le Pen (88%), Nicolas Dupont-Aignan (79%), François Fillon (70%) ou encore Jean-Luc Mélenchon (71%), une part plus importante encore des sondés ne souhaite pas d'une majorité En Marche! le 18 juin.

L'ex-ministre de François Hollande a réussi son pari: devenir le plus jeune président de la République. En 2002, l'abstention avait atteint un niveau record de 28,4% au premier tour mais la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour avait mobilisé massivement, provoquant une chute de l'abstention à 20,3%.

Présidentielle : le 4e arrondissement vote très largement pour Macron (officiel)
Nicolas Sarkozy a été éliminé sèchement dès le premier tour de la primaire, mettant un terme à son retour aux affaires politiques. Le Premier ministre français a estimé que la gauche de gouvernement devait contribuer à la réussite de son quinquennat.

Selon un sondage sortie des urnes réalisé par Ipsos-Sopra Steria pour France Télévisions, Radio France et Le Monde, près de 12% des votants, soit 4,2 millions, ne se sont exprimés ni pour Marine Le Pen ni pour Emmanuel Macron.

Pour 39% d'entre eux, ce vote ne manifeste pas un rejet mais "aucun ne correspond à leurs idées". Parmi les personnes interrogées, 30% ne veulent "pas du tout" que les députés de la formation d'Emmanuel Macron soit majoritaires après le 18 juin, et 31% ne le souhaitent "plutôt pas".

"Le vote blanc est revendiqué comme de l'abstention civique, cela manifeste un attachement à l'exercice du droit de vote tout en renvoyant dos à dos les candidats", commente Anne Jadot.

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