Climat : vive déception après le retrait américain de l'accord de Paris

03 Juin, 2017, 14:57 | Auteur: Emma Bardin

Aux côtés de Pékin, les États-Unis de Barack Obama avaient largement participé à la réussite de l'accord de Paris qui vise à contenir la hausse de la température moyenne mondiale "bien en deçà" de 2°C par rapport à l'ère pré-industrielle.

"Il (le président américain) n'aime pas Paris".

Ce retrait offre "une chance à la communauté internationale de démontrer sa détermination à faire face à l'un des plus grands défis", dit à l'AFP Thoriq Ibrahim, ministre de l'Environnement des Maldives et porte-parole des Petits états insulaires. Une déclaration conjointe de l'UE et de la Chine était attendue en ce sens. Une conférence de presse commune prévue à la mi-journée a pris du retard.

Quelles sont les conséquences écologiques du retrait américain? Pour éviter trop de catastrophes climatiques, les autres pays devront donc faire plus.

Trump, qui a un temps assimilé le réchauffement climatique à un "canular", a annoncé en outre que son administration débuterait des négociations pour revenir dans l'Accord de Paris ou pour obtenir un nouvel accord "en des termes qui soient équitables pour les Etats-Unis, leurs entreprises, leurs salariés, leur population, leurs contribuables". La réponse des Européens, tranchante, ne s'est pas fait attendre: s'ils "regrettent" cette décision, Berlin, Paris et Rome ont souligné, dans un communiqué commun, que l'accord ne pouvait en aucun cas être renégocié.

"Nous sortons", a déclaré le président des Etats-Unis lors d'une cérémonie à la roseraie de la Maison blanche, où il a qualifié les conditions économiques et financières liées à l'Accord de Paris de "draconiennes".

Sortie des USA de l'Accord de Paris: L'épiscopat Américain inquiet
Que va-t-on penser des prochains engagements dans les prochaines négociations? " Soit on reste désespéré dans son coin, soit on se bat".

Dès jeudi, après le discours de Donald Trump, certains grands patrons ont affirmé leur déception ou décidé de quitter le navire.

"On ne peut pas arrêter l'action concernant le climat", pas plus que le changement climatique est indéniable, a noté le secrétaire général des Nations-Unies Antonio Gutteres.

En opposition au président américain qui affiche sa volonté de soutenir les énergies fossiles au nom de la défense de l'emploi, les Européens - mais aussi le Brésil ou la Nouvelle-Zélande - ont réitéré que la transition énergétique est un facteur de croissance.

Le président français Emmanuel Macron a même appelé les scientifiques, ingénieurs et entrepreneurs américains à venir travailler en France sur "des solutions concrètes" pour le climat.

Emmanuel Macron est devenu vendredi le Français le plus retweeté avec son message "Make our planet great again" de l'histoire de Twitter, posté à minuit, partagé plus de 140.000 fois et "liké" 227.000 fois vendredi après-midi, selon le réseau social.

La maire PS de Paris Anne Hidalgo, en condamnant la décision "grave" de Donald Trump de retirer les Etats-Unis de l'accord de Paris sur le changement climatique et en réaffirmant l'engagement des villes pour l'appliquer, a ironisé vendredi sur la "seule personne sur la planète qui n'aime pas Paris".

Recommande: