Accord de Paris : "violence inouïe", "décision calamiteuse", le monde réagit

04 Juin, 2017, 09:25 | Auteur: Emma Bardin
  • Donald Trump annonçant le retrait des Etats Unis de l'Accord de Paris le 1er juin 2017.- AP

"Afin de remplir mon devoir solennel de protection de l'Amérique et de ses citoyens, les États-Unis se retireront de l'accord de Paris sur le climat", a annoncé le milliardaire, sous les applaudissements.

"J'ai été élu pour représenter les habitants de Pittsburgh, pas de Paris ", a déclaré Donald Trump, qui a mis en avant la défense des emplois américains et dénoncé un accord "très injuste " pour son pays.

De New York sur la côte Atlantique à la Californie, qui donne sur le Pacifique, maires et gouverneurs ont multiplié jeudi les alliances ou les appels pour faire barrage, de l'intérieur, au retrait choc du président américain.

"Nous sortons", a déclaré le président des Etats-Unis lors d'une cérémonie à la roseraie de la Maison blanche, où il a qualifié les conditions économiques et financières liées à l'Accord de Paris de "draconiennes".

Dès le début de la journée, le patron de la Commission européenne Jean-Claude Juncker avait dessiné les contours du nouveau moteur dans la lutte contre le changement climatique. Dans une situation où il paraît déjà extrêmement difficile d'éviter un réchauffement de 2°C d'ici 2050 par rapport à l'ère pré-industrielle, la décision de M. Trump accroît la probabilité d'un réchauffement important. Nous saluons l'engagement du Président de rester mobilisé sur l'application de l'accord de Paris et l'incitons en conséquence à agir dès maintenant dans notre pays pour revoir l'ensemble des politiques qui aujourd'hui encore sont nuisibles au climat: fiscalité, transport, production énergétique, agriculture et alimentation, habitat. "Mais ne vous trompez pas, sur le climat, il n'y a pas de plan B, car il n'y a pas de planète B".

En visite en France, Michael Bloomberg s'engage — Climat
Si les Etats-Unis se retirent de l'accord de Paris, les villes mènent la fronde. "Aujourd'hui, notre planète a souffert". Quant aux 30 maires déjà partants pour rejoindre l'initiative Bloomberg, leurs rangs pourraient aussi grossir.

L'élection de Donald Trump, en pleine conférence climat à Marrakech (Maroc) en novembre dernier, avait été un électrochoc, auquel les pays avaient finalement bien résisté en réaffirmant collectivement en fin de session leur adhésion à l'accord.

D'une part, la position des Etats-Unis devrait conduire à l'augmentation de ses émissions de gaz à effet de serre, et sans doute d'autres pays lâcheront aussi les freins. En France, la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui avait accueilli la COP21, accuse Donald Trump d'avoir commis "une erreur fatale" et lui demande de "revenir sur cette décision dramatique". La réaction d'Emmanuel Macron La réponse des Européens, tranchante, ne s'est pas fait attendre: s'ils "regrettent" cette décision, Berlin, Paris et Rome ont souligné, dans un communiqué commun, que l'accord ne pouvait en aucun cas être renégocié. La chancellerie brésilienne s'est déclarée "inquiète de l'impact négatif d'une telle décision", tout en rappelant que "le combat contre le changement climatique est un processus irréversible, inarrêtable et compatible avec la croissance économique".

Les Accords de Paris avaient été signés l'année dernière, alors que Barack Obama était encore président des Etats-Unis, par 195 pays. "Le changement climatique est une réalité". "Quitter Paris n'est pas bon pour l'Amérique et le monde" a tweeté Elon Musk.

"Je suis certain que nos Etats, villes et entreprises seront à la hauteur et en feront encore plus pour protéger notre planète pour les générations futures", a-t-il dit. En raison de la procédure prévue, le retrait ne deviendra effectif qu'en 2020. Les conservateurs se sont montrés en effet très fermement opposés à l'agenda environnemental de Barack Obama, notamment à propos des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

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