Législatives en Grande-Bretagne : Theresa May perd la majorité absolue au Parlement

09 Juin, 2017, 15:03 | Auteur: Basile Toussaint
  • Législatives en Grande-Bretagne : Theresa May perd la majorité absolue au Parlement

Au Royaume-Uni, les conservateurs sont en tête du scrutin des élections législatives, mais ont perdu une quinzaine de sièges, tandis que l'opposition travailliste en a gagné une petite trentaine, selon les résultats quasi définitifs parus le matin du 8 juin.

Les résultats auront de lourdes implications sur l'avenir de l'Europe: d'une part parce qu'ils détermineront la stratégie du gouvernement britannique pour néogcier le Brexit et l'avenir de la relation anglo-européenne, et d'autre part parce qu'une bonne performance de Jeremy Corbyn pourrait, après le bon score de Jean Luc Mélenchon à la présidentielle française, l'émergence de Podemos en Espagne et la victoire de Syriza en Grèce, confirmer le renouveau d'une certaine gauche européenne.

Largement réélu dans sa circonscription d'Islington, au nord de Londres, M. Corbyn avait immédiatement appelé Mme May à la démission.

D'après une projection réalisée par la BBC, les Tories de Theresa May obtiendraient 318 sièges à la Chambre des communes, huit de moins que la majorité absolue. Les Lib-Dem ont prévenu jeudi soir qu'il n'y aurait " pas de coalition. "En ce moment, plus que toute autre chose, ce pays a besoin d'une période de stabilité", a déclaré Theresa May. Mais la décision de Theresa May est incompréhensible, politiquement illisible et tout aussi suicidaire et ne peut s'expliquer que par un orgueil démesuré. Quoi qu'il en soit, la locataire du 10, Downing Street a d'ores et déjà exclu de donner sa démission et faire valoir son droit prioritaire à la formation d'un gouvernement. Les conservateurs doivent désormais composer une coalition avec un autre parti -par exemple les Unionistes irlandais- ou se résoudre à former un gouvernement minoritaire. Dans les deux cas, les négociations pourraient durer jusqu'à plusieurs semaines, ce qui porterait un coup dur au calendrier du Brexit. Le parti SNP (qui représente la gauche écossaise) perd quant à lui 37% de ses sièges, ce qui ne permettra pas au Parti de trouver un accord avec les travaillistes pour former une majorité.

Paris: l'attaque d'un policier à Notre-Dames a été filmée
L'agression au marteau sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris a été captée sur le vif par une caméra de surveillance. Il a revendiqué être " un soldat du califat ", un terme utilisé pour désigner le califat autoproclamé en juin 2014 par l'EI.

Les Libéraux-Démocrates, seul parti résolument europhile, gagnent 4 sièges à 12 mandats.

Ce net recul est "une très mauvaise nouvelle" pour "sa revendication d'un deuxième référendum" sur l'indépendance de l'Ecosse, a souligné Iain Begg, professeur à la LSE, à l'AFP. C'est un échec personnel pour Theresa May, appelée à démissionner jusque dans son propre camp.

"C'est la leçon des deux dernières années", estime Brian Klaas, de la London School of Economics. "Les électeurs n'aiment pas qu'on prenne leur vote pour acquis", dit-il, énumérant le référendum sur le Brexit et l'élection du président américain Donald Trump. Le Brexit a été paradoxalement éclipsé durant la campagne par les questions de la protection sociale et de la sécurité, dans ce pays frappé par trois attentats en moins de trois mois. Car le Labour mène aussi des négociations acharnées avec de potentiels alliés, au premier rang desquels le Parti national écossais (SNP) qui s'il a subi une cuisante défaire lors de ces élections, conserve néanmoins la majorité des sièges écossais, en l'occurrence 35 strapontins.

Recommande: