Une députée macroniste organise des visites de l'Assemblée... facturées 119 euros

07 Septembre, 2017, 23:33 | Auteur: Armand Coulomb
  • François de Rugy a saisi la déontologue de l'Assemblée nationale du cas d'une députée LREM dont la société facture des visites payantes du Palais Bourbon

Députée LREM de la Sarthe, Pascale Fontenel-Personne est également chef d'entreprise: elle préside Access Tours, une société organisant des voyages touristiques.

C'est une professionnelle du tourisme qui a visiblement réussi à concilier son métier et son mandat.

Les bénitiers de l'église du village contenaient deux litres d'alcool — Jura
Une étrangeté qui a été prise pour une tradition locale dans cette région viticole et en pleine période de vendange . Dans les bénitiers de ce lieux de culte, l'eau bénite avait été remplacée. par de l'eau de vie.

Si l'entreprise des époux Personne, Access Tour Le Mans, contactée par Marianne, assure que ces visites étaient déjà proposées dans la brochure avant l'élection de la députée, il y a un hic déontologique à se servir de l'image et de la présence de la parlementaire pour vendre un produit. Le programme prévoit une "arrivée pour le déjeuner sur Paris" et une "visite guidée du palais Bourbon". Deux visites sont prévues, le jeudi 12 octobre et le lundi 4 décembre. Or l'entreprise des Personne encaisse 119 euros par personne, et utilise l'image de députée de Pascale Fontenel-Personne.

Si l'accueil de groupes de visiteurs par les députés est une pratique courante, le faire en échange d'argent l'est beaucoup moins. Elle commercialise des billets "excursion à l'Assemblée Nationale en présence de notre députée" pour 119 euros la place. "C'est même courant, et codifié par l'institution", explique Marianne. "Les visites sont organisées pour des groupes de 50 personnes maximum et réservées au minimum trois mois à l'avance par l'intermédiaire du député", stipule le règlement. Reste un détail: ces visites ne sont pas facturées par l'Assemblée aux écoles ou aux tour operators qui les organisent et, bien évidemment, elles ne rapportent rien aux parlementaires qui se prêtent au jeu. Or selon le code de déontologie de l'hémicycle, les députés doivent "s'abstenir d'utiliser les locaux ou les moyens de l'Assemblée nationale pour promouvoir des intérêts privés".

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