L'Emir du Qatar exprime son désir de dialoguer — Crise du Golfe

11 Septembre, 2017, 19:52 | Auteur: Armand Coulomb
  • L'émir du Qatar appelle le prince héritier saoudien et se dit prêt à dialoguer

L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l'Egypte avaient rompu le 5 juin leurs relations avec Doha.

L'agence de presse saoudienne officielle a indiqué quant à elle, samedi à l'aube, que le Prince héritier, Mohamed Ben Salman, a reçu un appel téléphonique de l'Emir du Qatar, Tamim Bin Hamed al-Thani.

Peu après, un porte-parole officiel saoudien indiquait pourtant la décision de Ryad de "suspend (re) tout dialogue et tout contact avec le Qatar" en attendant qu'il clarifie ses positions.

Le prince Mohamed a, selon SPA, "bien accueilli le désir de l'émir du Qatar", précisant que "l'annonce des modalités de ce dialogue sera faite" plus tard, ravivant les espoirs d'un début de sortie de crise.

Ce porte-parole, cité par l'agence SPA, a protesté contre la manière dont Doha aurait rendu compte de l'appel téléphonique de l'émir du Qatar avec le prince héritier saoudien, l'accusant d'avoir "distordu le contenu de la conversation".

Ils ont aussi imposé au riche petit émirat gazier des sanctions sans précédent, dont un blocage des voies d'accès maritimes, aériennes et terrestres.

"L'Emir de l'Etat du Qatar a exprimé son désir de s'asseoir à la table du dialogue et débattre des demandes formulées par les quatre Etats, à savoir l'Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, le Bahreïn et l'Egypte, de manière à ce que les intérêts de toutes les parties soient préservés", indique l'agence.

"J'ai trouvé ça ignoble de rouvrir le Bataclan" — Nicolas Sirkis
Avant d'ajouter: "Je n'ai aucune légitimité à le dire, si ce n'est mon opinion et je l'assume". Mais là, ils étaient unis pour dire: 'Il faut que l'Etat nous aide .' J'ai trouvé ça abject ".

L'agence qatarie a ajouté que l'Emir Tamim a accepté la demande du Prince héritier saoudien, de charger plusieurs délégués d'examiner les questions en suspens, sans compromettre la souveraineté des Etats. "Nous continuerons à agir et maintiendrons notre position jusqu'à ce que le Qatar réponde", a déclaré le chef de la diplomatie saoudienne Adel al-Jubeir, lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue russe Sergueï Lavrov à Jeddah (ouest de l'Arabie saoudite).

Le Qatar a nié soutenir des groupes extrémistes et accusé ces pays d'empiéter sur sa souveraineté. Or, Ryad a affirmé que les modalités du dialogue restent à déterminer.

Le communiqué a affirmé que "l'Arabie saoudite annonce l'interruption de tout dialogue et de toute communication avec l'Autorité au Qatar jusqu'à ce qu'une déclaration claire soit publiée en indiquant sa position en public conformément à ses engagements ".

Selon lui, "l'inconsistance de la politique du Qatar n'aide pas à renforcer la confiance nécessaire" au règlement de la crise.

Ils ont produit dans la foulée une liste de 13 exigences, réclamant notamment de l'émirat une proximité diplomatique moindre avec Téhéran, la fermeture d'une base turque au Qatar et de la chaîne Al-Jazira.

Le Qatar, qui voit dans ces demandes une atteinte à sa souveraineté, pose lui comme condition au dialogue la levée des sanctions économiques qui lui ont été imposées.

"Je suis persuadé que cette percée potentielle est liée à la rencontre de l'émir de Koweït (cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah) avec le président Trump et à l'accord apparent sur le fait que la crise a duré suffisamment longtemps et qu'il faut la résoudre", a-t-il ajouté.

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