Le Medef somme les enseignants de "faire leur travail"

21 Septembre, 2017, 14:06 | Auteur: Armand Coulomb
  • Le ministre de l'Education Jean Michel Blanquer le 11 septembre 2017 à Paris

Le ministre de l'Education nationale demande son retrait.

"Si l'école faisait son travail, j'aurais un travail!".

Le slogan lancé par le Medef suscite la polémique. Les experts réseaux sociaux de l'organisation ont alors décidé de reprendre une petite phrase provocatrice, qui avait été adossée au Manifeste pour l'éducation, publié le 14 juin. Elle était jusqu'ici passée inaperçue mais elle a été dénichée sur internet mercredi par la Fédération syndicale unitaire (FSU), le syndicat de la fonction publique, qui s'est fendu d'un communiqué pour la dénoncer.

Le slogan a "consterné" le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, qui en a demandé ce jeudi matin le "retrait immédiat" (même s'il n'y a plus grand-chose à retirer, la campagne étant terminée). La présidente de la FSU, Bernadette Groison, ne décolère pas: "Cette phrase du Medef est une insulte pour tous les enseignants du pays", enrage-t-elle. "C'est grossier, c'est totalement faux et injuste".

Trafic SNCF perturbé ce jeudi en Région Centre-Val de Loire
En effet, seulement un tiers des trains circulera sur ces lignes. Sur les grandes lignes, 80% des Intercités doivent circuler.

En revanche, du côté du Medef, le message est parfaitement assumé.

Contacté par franceinfo, le Medef persiste et signe. Il faudrait, d'après ce responsable de communication, parler des dysfonctionnements de l'Éducation nationale qui "doit améliorer sa performance". Et elle assume pleinement: "Cette campagne n'est pas dirigée contre les enseignants, mais vise un système éducatif qui laisse beaucoup trop de jeunes sur le bord de la route, dévalorise les métiers professionnels et l'apprentissage, toutes les études, PISA, du Cereq, le montrent". Il résume: "Il faut réformer l'école".

Le Medef s'est immiscé dans les débats sur l'éducation. "En accusant abusivement l'école, le Medef cherche sans doute à faire oublier que les entreprises n'ont pas réussi à créer le million d'emplois promis comme devant résulter du CICE", tance aussi la FSU, en référence au fait que le crédit d'impôt compétitivité emploi, mis en place en 2013, est loin d'avoir rempli sa principale promesse: susciter l'investissement et donc l'embauche en baissant massivement les impôts des entreprises.

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