Le masculin ne l'a pas toujours emporté sur le féminin

09 Novembre, 2017, 19:25 | Auteur: Emma Bardin
  • CreativeI via Getty Images                       Plus de 300 professeurs n'enseigneront plus que le masculin l'emporte sur le féminin

Elle est d'autant plus illégitime à leurs yeux qu'elle n'a été créée que récemment dans l'histoire de la langue française.

Dans une tribune parue sur Slate, 314 professeurs des écoles, collèges et lycées déclarent "avoir cessé ou (s') apprêter à cesser d'enseigner" la règle de grammaire qui veut que "le masculin l'emporte sur le féminin". Comme le révèlent les enseignants, cette règle n'aurait été invoquée qu'au XVIIe siècle et appliquée massivement lors de la généralisation de l'école primaire. Les signataires y ont exposé chacunes des raisons qui les poussent à modifier leurs méthodes d'enseignement de la langue française. "Auparavant, les accords se faisaient au gré de chacun·e, comme c'était le cas en latin et comme c'est encore souvent le cas dans les autres langues romanes", expliquent-ils.

Plus de 300 membres du corps professoral de tous niveaux et tous publics s'engagent à ne plus enseigner la règle de grammaire du masculin qui l'emporte sur le féminin. "La répétition de cette formule aux enfants, dans les lieux mêmes qui dispensent le savoir et symbolisent l'émancipation par la connaissance, induit des représentations mentales qui conduisent femmes et hommes à accepter la domination d'un sexe sur l'autre, de même que toutes les formes de minorisation sociale et politique des femmes", justifient-ils notamment. L'égalité dans la langue aussi, est nécessaire. "Bien souvent, on pratiquait l'accord "de proximité", venu du latin, qui consiste à accorder le ou les mots se rapportant à plusieurs substantifs avec celui qui leur est le plus proche".

"Honnêtement, je pense que c'est assez problématique" car "on ne peut pas décider de son propre chef ce qu'on va enseigner ou pas, quelle qu'en soit la raison", a déclaré sur France Culture la secrétaire d'Etat chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes. "Nous appelons le Ministère de l'Éducation nationale à donner à ses personnels et à ceux des établissements sous sa tutelle des instructions précises allant dans le même sens", écrivent-ils aussi. Par contre, pas de soucis pour un débat " porté par des grammairiens et des grammairiennes ".

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Interrogée plus globalement sur l'écriture inclusive ("les Francais.e.s" par exemple), Marlène Schiappa a exprimé des réserves.

Selon la ministre, "on peut avoir le débat sémantique de la place des femmes dans le langage sans en faire l'alpha et l'omega du débat de l'égalité entre les femmes et les hommes à notre époque".

Pour lire entièrement la tribune sur Slate c'est à cette adresse.

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