Perquisition en cours chez LafargeHolcim à Paris — Syrie

15 Novembre, 2017, 02:21 | Auteur: Armand Coulomb
  • Lafarge : Le siège parisien perquisitionné

L'enquête, menée depuis juin 2017 par trois juges d'instruction, s'attache à déterminer si le géant du ciment a transmis de l'argent à certains groupes djihadistes, notamment Daesh, pour continuer à faire fonctionner en 2013 et 2014, malgré le conflit en Syrie, la cimenterie de Jalabiya, dans le nord du pays.

"LafargeHolcim confirme qu'une perquisition est en cours à son siège corporate français", a dit une porte-parole du cimentier franco-suisse.

La holding du milliardaire belge Albert Frère a dit qu'elle coopérait pleinement à l'enquête.

"Les enquêteurs cherchent à savoir si Groupe Bruxelles Lambert aurait pu être au courant des agissements du cimentier en Syrie", d'après une source proche de l'enquête.

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Rapidement l'information est également transmise par d'autres journalistes sur les réseaux sociaux. L'information n'est pas encore confirmée officiellement.

Malmené à la Bourse de Paris à la suite de ces informations, le titre LafargeHolcim a clôturé en baisse de 1,95 %. Il avait également demandé à la Direction générale de mettre en place des mesures afin de renforcer davantage l'efficacité des protocoles et contrôles existants pour assurer une meilleure prévention et détection des éventuels manquements afin qu'une telle situation ne puisse plus se reproduire.

Le scandale avait été révélé en juin 2016 par une enquête du journal Le Monde qui avait mis en lumière de "troubles arrangements" entre Lafarge Cement Syrie (LCS), branche syrienne du groupe, et l'organisation Etat islamique alors que le groupe jihadiste gagnait du terrain et devenait incontournable dans la région.

Dans son rapport, dont l'AFP a eu connaissance, le SNDJ conclut que LCS a "effectué des paiements aux groupes jihadistes" pour que la cimenterie continue à fonctionner. Cela représentait pour l'EI, une somme "de l'ordre de 20.000 dollars" par mois, a relaté Bruno Pescheux, directeur de la cimenterie de 2008 à 2014, devant les enquêteurs du SNDJ, indique BFMTV.

C'est aussi dans cette affaire que d'anciens responsables de l'entreprise ont affirmé que la volonté de rester alors en Syrie avait reçu l'aval des autorités françaises. Pour l'instant, les magistrats instructeurs ont auditionné plusieurs ex-employés syriens de l'usine.

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