Abdelhakim Dekhar, le tireur de "Libération", devant les assises

17 Novembre, 2017, 20:52 | Auteur: Armand Coulomb
  • Assises de Paris : suivez en direct le procès Dekhar, le “tireur de Libé”

Durant une semaine, Abdelhakim Dekhar va comparaître devant la cour d'assises de Paris pour tentative d'assassinat. Il avait fourni un fusil à pompe au couple. En effet, il avait été condamné en 1998 à 4 ans de prison pour "association de malfaiteurs".

Ce n'est que le début du périple de celui que les médias ont bientôt surnommé le "tireur parisien", qui a mis sur le qui-vive les rédactions de France pendant plusieurs jours. Sa peine correspondant au temps passé en détention provisoire, il avait été libéré juste après le procès, en octobre 1998.

Abdelhakim Dekhar prenait des positions "parfois un peu extrêmes", a-t-il également déclaré, tout en reconnaissant ne pas toujours avoir cru ce qu'il disait.

Trois jours plus tard, il fait irruption dans le hall du quotidien de gauche Libération. Trois coups de feu sont tirés: deux en direction du bâtiment, un troisième au cours de la fuite du tireur, vers le sol. Il est accusé d'avoir menacé en 2013 le rédacteur en chef de BFM-TV avec un fusil à pompe, puis d'avoir tiré sur un assistant photographe de Libération trois jours plus tard. Cette fois, il ouvrait le feu à deux reprises, blessait grièvement au thorax un assistant photographe, avant de s'échapper à pied. 1 h 30 plus tard, Abdelhakim Dekhar tire dans le quartier des affaires de la Défense. Selon l'accusation, l'homme a visé deux salariées, sans parvenir à les toucher.

Il avait ensuite contraint sous la menace un automobiliste à le conduire sur les Champs-Elysées et n'avait été arrêté que le 20 novembre 2013, sur dénonciation d'un ami.

Le palais de l'Assemblée nationale en cendres — Cameroun
De gros dégâts matériels ont été causés par les flammes mais il n'y a pas de victimes. Les forces de l'ordre contrôlent les déplacements sur les lieux.

Le périple armé d'Abdelhakim Dekhar dont le procès aux assises débute vendredi.

Cet homme de 52 ans, qui serait d'allure anodine si son front dégarni, ses cheveux gris mi-longs et frisés, ses lunettes rondes et son épais chandail ne lui donnaient un look d'intello, est jugé depuis vendredi matin pour tentatives d'assassinat. Dans une lettre non-datée laissée derrière lui et évoquée en 2013 par le procureur de Paris François Molins, il développait la théorie d'un "complot fasciste", s'en prenant au "capitalisme" et aux journalistes "payés pour faire avaler des mensonges".

Selon des éléments biographiques réunis lors de l'enquête sur l'affaire Rey-Maupin, il a fait dans les années 1980 un passage par l'armée française, dont il a été réformé, et un séjour de six mois en Algérie.

Sa défense tentera de convaincre la cour que l'accusé n'avait pas l'intention de tuer.

Le procès doit se terminer le 24 novembre.

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