Jouets connectés : une poupée et un robot épinglés par la Cnil

04 Décembre, 2017, 18:07 | Auteur: Basile Toussaint
  • Jouets connectés danger! La poupée

Les jouets connectés sont dans le viseur des autorités.

Les deux jouets concernés, la poupée "My Friend Cayla" et le robot "I-que" peuvent donner la météo aux enfants, résoudre des calculs mathématiques pour eux et répondre à des questions diverses.

L'absence d'un système de sécurisation des jouets va à l'encontre de l'article 1 de la loi Informatique et Libertés selon lequel l'informatique "ne doit porter atteinte ni à l'identité humaine, ni aux droits de l'homme, ni à la vie privée, ni aux libertés individuelles ou publiques". Ces derniers sont dotés d'un microphone intégré qui se connecte par Bluetooth à une application mobile, préalablement téléchargée sur un smartphone. À l'approche de Noël, les discours alarmistes sur la sécurité des poupées et autres robots intelligents se multiplient.

Alertée en décembre 2016 par l'association de défense des consommateurs UFC-Que Choisir sur les risques d'espionnage que présentaient ces jouets, la Cnil a procédé à divers contrôles et a interrogé le fabricant Genesis Industries Ltd, basé à Hong Kong. "Elle a par ailleurs adressé un questionnaire en mars 2017 à l'entreprise concernée".

On n'est pas couché : qui sont les invités du 2 décembre ?
En associant le voile islamique aux Arabes, cette dernière a en effet suggéré implicitement que ces derniers sont tous musulmans. JOEYSTARR et Philippe MANOEUVRE pour leur livre " Le Monde de demain " aux Editions du Cherche Midi.

Dans son communiqué, le gendarme de la vie privée a ainsi affirmé que la société hongkongaise Genesis Industries Limited "collecte une multitude d'informations personnelles sur les enfants et leur entourage: les voix, le contenu des conversations échangées avec les jouets (qui peut révéler des données identifiantes comme une adresse, un nom...) mais également des informations renseignées dans un formulaire de l'application 'My Friend Cayla App'".

Pire encore, "la personne située à une telle distance est en mesure d'entendre et d'enregistrer les paroles échangées entre l'enfant et le jouet ou encore toute conversation se déroulant à proximité de celui-ci", et donc d'espionner les utilisateurs, à l'insu de leur plein gré. Ils ont aussi relevé qu'il était possible de communiquer avec l'enfant situé à proximité de l'objet. D'autant plus que les jouets connectés n'utilisent pas de canal chiffré pour garantir la confidentialité des données personnelles de leurs utilisateurs. De plus, ils ne sont pas informés du fait que la société transfère des contenus de conversations auprès d'un prestataire de service situé hors de l'Union européenne. Quelques semaines après le régulateur allemand des télécoms, c'est au tour de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) d'épingler un fabricant chinois de jouets connectés. L'entreprise a deux mois pour sécuriser les produits et se conformer à la loi Informatique et liberté, sous peine de s'exposer à une sanction financière.

La poupée "espionne" Cayla avait déjà été interdite en Allemagne en février, mais pas son alter ego masculin I-Que.

À la suite de la mise en demeure lancée par la Cnil, la société a deux mois pour remédier aux défauts constatés et se mettre en conformité, faute de quoi une procédure de sanction sera engagée contre elle.

Recommande: