Le groupe admet des "erreurs inacceptables" — Lafarge en Syrie

06 Décembre, 2017, 17:23 | Auteur: Armand Coulomb
  • Le président du CA de Lafarge Holcim admet des erreurs inacceptables en Syrie

Bruno Lafont, l'ex-directeur général Eric Olsen, DRH à l'époque des faits, et l'ex-directeur général adjoint opérationnel, Christian Herrault, devaient être entendus sous le régime de la garde à vue dans les locaux des douanes judiciaires (SNDJ) à Ivry-sur-Seine, près de Paris.

Deux anciens cadres de Lafarge et un responsable de la sécurité du groupe ont été mis en examen vendredi 1 décembre dans le cadre de l'enquête sur les activités de la cimenterie de Jalabiya, en Syrie.

Lafarge est notamment accusé d'avoir acheté du pétrole au groupe djihadiste Etat islamique quand ce dernier contrôlait des parties de la Syrie. Les enquêteurs cherchent à désormais savoir si la direction du groupe en France a pu avoir été informée de tels agissements. Début 2017, le SNDJ avait entendu plusieurs cadres et hauts responsables. "Soit on acceptait le racket, soit on partait et on organisait le repli", avait-il souligné, selon une source proche de l'enquête.

Son témoignage pèse lourd: Christian Herrault, bras droit de M. Lafont, travaillait au coeur de l'état-major à Paris. De son côté, l'ex-PDG a toujours démenti avoir été informé. "Si rien ne me remontait, c'est que rien de matériel ne se produisait", avait-il assuré en janvier aux enquêteurs du SNDJ. Dans un rapport accablant pour la maison mère, les douanes judiciaires ont pourtant conclu qu'"il serait tout à fait étonnant que Bruno Lafont n'ait pas demandé à son équipe de direction d'avoir un point précis de la situation d'une cimenterie dans un pays en guerre". Il "devait rendre forcément des comptes à des actionnaires", ajoutaient les enquêteurs. Devenu directeur général de LafargeHolcim en 2015, Eric Olsen a démissionné en avril à la suite de cette affaire.

Un corbeau envoie une lettre de menaces au procureur — Affaire Grégory
Un profil masculin a été isolé sur la lettre et l'enveloppe, ainsi que 13 mélanges d'ADN masculin et féminin, selon la radio. L'information a été dévoilée ce mardi par nos confrères de France Inter .

L'enquête est menée depuis juin au pas de charge par deux juges d'instruction du pôle financier et un juge antiterroriste.

Après les perquisitions au siège à Paris le 14 novembre, il s'agit des premières gardes à vue depuis l'ouverture de l'information judiciaire.

Dans un entretien donné au Figaro, Beat Hess, le président du groupe LafargeHolcim a reconnu " des erreurs inadmissibles que le groupe regrette et condamne ".

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