Après l'élection, Mariano Rajoy refuse de dialoguer avec Carles Puigdemont — Catalogne

26 Décembre, 2017, 01:30 | Auteur: Thibaud Popelin
  • Forte participation à la mi-journée aux élections en Catalogne pour savoir si les indépendantistes vont obtenir la majorité au Parlement catalan. AFP

"D'autres espéraient même, qu'une troisième option tirerait son épingle du jeu en faisant appel à " l'indispensable bon sens des citoyennes et des citoyens de Catalogne ", en prônant " le nécessaire dialogue entre l'Etat central à Madrid et la Généralité de Catalogne à Barcelone " et faisant du respect mutuel, le moyen pour refermer la fracture qui divise désormais la société catalane".

Les indépendantistes catalans ont conservé jeudi 21 décembre leur majorité au parlement régional.

Les unionistes anti-indépendantistes, principalement le parti Ciutadanos et sa branche catalane Ciutadans emmené par Inès Arrimadas, une formation libérale, centriste de droite née en 2005 en réaction à toute dérive indépendantiste et dont la fermeté du discours politique a séduit un électorat inquiet en recherche de protection. Mais le Parti populaire s'en sera peut-être consolé en pensant que la veille, côté "symboles", une partie du gordo, le gros lot de Noël, était allé faire des heureux en Galice, en déversant 520 M€ sur Vilalba, lieu de naissance de Manul Fraga, ancien ministre franquiste de l'information et fondateur du PP.

Pas d'élections anticipées. Mariano Rajoy a également exclu de convoquer des élections nationales anticipées, en dépit du fait qu'il soit désormais à la tête d'un gouvernement minoritaire. La tête de liste d'ERC, l'ancien vice-président Oriol Junqueras, est quant à lui toujours en détention provisoire.

Deux issues s'offrent donc aux vainqueurs de l'élection: céder leurs sièges à des personnalités en liberté ou entrer en confrontation avec Madrid.

Aujourd'hui, et se présentant séparément, ils ont fait mieux avec 66 sièges au total, 34 pour Puigdemont et 32 pour Junqueras.

Avec 70 élus sur 135, "les partis indépendantistes ont la majorité parlementaire". Cet apport est donc indispensable pour parvenir une majorité indépendantiste. "La majorité sociale désire l'union avec l'Espagne et l'Europe", a d'ailleurs lancé la dirigeante dans son discours de victoire, en assurant que "les partis nationalistes ne pourront plus jamais prétendre parler au nom de toute la Catalogne".

Pochettino est bien visé par le PSG
Un objectif compliqué d'autant plus que le club de la capitale devra passer par une élimination du Real Madrid . L'Argentin âgé de 45 ans connaît bien la maison PSG pour y avoir porté le maillot entre 2001 et 2003.

Une victoire pour les indépendantistes, un désaveu pour Madrid.

Les socialistes, opposés comme elle à l'indépendance, n'ont que dix-sept sièges et le PP s'est effondré, tombant à trois sièges contre onze aux dernières élections en 2015. Il faut en effet près de 50 000 électeurs à Barcelone pour moins de 20 000 électeurs à Lérida, pour élire un député. C'est cette fuite en avant vers l'indépendance qui a constitué la seule feuille de route du gouvernement catalan depuis 2015, soumis par ailleurs au chantage permanent des députés de la CUP.

Mais bien que réélu, il ne pourrait exercer ses fonctions ni de député ni de président depuis une cellule. La priorité des indépendantistes est donc d'abord de négocier leur libération.

- Face à cette majorité indépendantiste faible numériquement et fragile politiquement, une alternative anti-indépendantiste autour du parti Ciutadans, pourtant vainqueur avec 37 sièges le 21 décembre, est impossible? Mais cette main tendue n'a pas été acceptée par Mariano Rajoy. Une revanche pour Carles Puigdemont, un échec pour le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy.

- Vers quelle sortie de crise? . Or, le calendrier judiciaire n'est pas encore connu.

À moins qu'ils échouent à s'entendre pour former une coalition, les indépendantistes reprendront donc les commandes de la région que le gouvernement de Madrid leur avait retirées en invoquant pour la première fois l'article 155 de la Constitution pour destituer l'exécutif régional et dissoudre le parlement après la proclamation d'une indépendance mort-née.

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