Dans une tribune, 100 femmes défendent la "liberté d'importuner" des hommes

09 Janvier, 2018, 21:11 | Auteur: Lea Montgomery
  • Des femmes dont Catherine Deneuve veulent laisser aux hommes la liberté d'importuner

Ce collectif de 100 femmes - dont Catherine Deneuve, Brigitte Lahaie ou Catherine Millet - publie une tribune pour s'opposer à la "campagne de délations" apparue après l'affaire Weinstein, à rebours des réactions suscitées par ce scandale mondial.

"C'est là le propre du puritanisme que d'emprunter, au nom d'un prétendu bien général, les arguments de la protection des femmes et de leur émancipation pour mieux les enchaîner à un statut d'éternelles victimes, de pauvres petites choses sous l'emprise de phallocrates démons, comme au bon vieux temps de la sorcellerie", développent-elles. "La drague insistante ou maladroite n'est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste" affirment-elles.

De l'affaire Weinstein sont nés les mouvements #Balancetonporc ou #Metoo, qui ont incité des dizaines de milliers de femmes à témoigner.

Quand une tribune commence par " Le viol est un crime ", comme si le lecteur sur le point de parcourir les lignes suivantes risquait de l'oublier au passage, c'est qu'il y a un hic.

CES 2018 : " La Poste eSanté ", une application dédiée à la santé numérique
Par la suite, La Poste compte étendre l'utilisation de son application à plus grande échelle d'ici à deux ans, précise l'AFP . Il est également possible d'interagir avec des professionnels de santé grâce à une messagerie intégrée à l'interface.

"Campagne de délations", "justice expéditive": des hommes ont été "sanctionnés dans l'exercice de leur métier, contraints à la démission, alors qu'ils n'ont eu pour seul tort que d'avoir touché un genou, tenté de voler un baiser, parlé de choses 'intimes' lors d'un dîner professionnel ou d'avoir envoyé des messages à connotation sexuelle à une femme chez qui l'attirance n'était pas réciproque", regrettent-elles. Même si c'est un délit, les femmes peuvent envisager ses attouchements "comme l'expression d'une grande misère sexuelle, voire comme un non-événement".

"La tribune va jusqu'à parler de " vague purificatoire " et de " révisionnisme " au sujet de l'interdiction de la rétrospective Roman Polanski à la Cinémathèque ou d'un travail universitaire qui juge le film Blow-Up " misogyne " et " inacceptable ". "Déjà, des éditeurs demandent à certaines d'entre nous de rendre nos personnages masculins moins "sexistes", de parler de sexualité et d'amour avec moins de démesure". "Pour la militante féministe Caroline de Haas, cet appel " défend le droit d'agresser sexuellement les femmes", tandis que Cécile Duflot dénonce un " texte malaisant " qui, sous couvert de liberté, serait " réactionnaire ". Nous sommes aujourd'hui suffisamment averties", assure-t-il, "pour admettre que la pulsion sexuelle est par nature offensive et sauvage, mais nous sommes aussi suffisamment clairvoyantes pour ne pas confondre drague maladroite et agression sexuelle.

Sur Twitter ce mardi, "Catherine Deneuve" arrive en tête de tendances de la journée. Ainsi, comme le rappelle le Huffington Post, la philosophe Peggy Sastre ne cache pas son vœu d'"en finir avec le féminisme", alors qu'Élisabeth Levy, directrice de Causeur, dénonce un "harcèlement féministe" à l'égard des hommes. "Et je trouve surtout que ça ne résout pas le problème".

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