Un mort lors de nouveaux troubles sociaux en Tunisie

09 Janvier, 2018, 19:08 | Auteur: Armand Coulomb
  • Violences entre manifestants et forces de l'ordre à Tebourba mardi

Selon le dernier bilan des manifestations pacifistes qui viennent de secouer la Tunisie, des unités de l'armée se sont déployées autour du siège de la délégation d'El Hamma après que des jeunes ont envahi et saccagé le local, au cours de la nuit de lundi à mardi.

Au total, 44 personnes ont été arrêtées, onze agents de police blessés et plusieurs bâtiments publics endommagés lors de heurts, selon le ministère de l'Intérieur. Le ministère de l'Intérieur a démenti que l'homme ait été tué par la police, soulignant qu'il ne portait aucune marque de violence. Son porte-parole Khalifa Chibani a précisé que l'homme souffrait de "problèmes respiratoires".

Or ces manifestations ont vite débordé et ont abouti à des affrontements avec les forces de l'ordre, avec de nombreux blessés parmi les policiers.

Une dizaine de villes sont concernées par ce mouvement de contestation sociale provoquée par l'entrée en vigueur, le 1er janvier, d'une série de hausses des prix frappant notamment le gasoil, les voitures ou encore les services de téléphonie et d'accès à Internet décidées dans le cadre de la loi de finances pour 2018.

Dominique Cottrez va être libérée — Octuple infanticide
Après quatre années passées derrière les barreaux, Dominique Cottrez a donc obtenu sa liberté conditionnelle . Conformément à ce qu'une expertise avait préconisé en juillet 2017, elle sera suivie par un psychologue.

"(Lundi) soir, nous n'avons pas vu des protestations, mais des gens qui cassent, volent et agressent les Tunisiens", a affirmé le Premier ministre Youssef Chahed sur les ondes de la radio privée Mosaïque FM.

Une manifestation à l'appel d'un collectif d'organisations de la société civile a rassemblé sans incident une centaine de personnes mardi dans le centre de Tunis.

À Kasserine, quelques dizaines de jeunes ont incendié des pneus et jeté des pierres sur des agents de sécurité, qui ont répliqué par des gaz lacrymogènes, a indiqué un correspondant de l'AFP. Lundi matin, une manifestation pacifique contre la hausse des prix avait eu lieu dans cette ville fortement mobilisée. Plusieurs centaines d'autres ont manifesté à Regueb, dans le centre défavorisé du pays, a indiqué un correspondant de l'AFP, près de la ville de Sidi Bouzid, d'où était partie en décembre 2010 la contestation sociale qui avait marqué le début des Printemps arabe.

"Le ministère de l'Intérieur a publié ce mardi 9 janvier, un hashtag qui s'adresse aux protestataires". Ils réclamaient aussi la libération de plusieurs membres de leur mouvement, interpellés selon eux pour avoir distribué des tracts appelant à manifester ou pour des graffitis dénonçant les mesures d'austérité. Cette année, le contexte est particulièrement tendu à l'approche des premières élections municipales de l'après-révolution, plusieurs fois reportées et prévues en mai.

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