Vague d'indignation après une tribune à contre-courant de l'affaire Weinstein

10 Janvier, 2018, 08:37 | Auteur: Lea Montgomery
  • Caroline de Haas le 24 novembre 2017 à ParisALAIN JOCARD

Quand une tribune commence par " Le viol est un crime ", comme si le lecteur sur le point de parcourir les lignes suivantes risquait de l'oublier au passage, c'est qu'il y a un hic. "Mais la drague insistante ou maladroite n'est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste", soutient ce texte.

Pour ce collectif, dont l'éditrice Joëlle Losfeld, l'actrice Ingrid Caven, la journaliste Elisabeth Lévy ou l'écrivaine Catherine Robbe-Grillet, "cette fièvre à envoyer les 'porcs' à l'abattoir, loin d'aider les femmes à s'autonomiser, sert en réalité les intérêts des ennemis de la liberté sexuelle, des extrémistes religieux, des pires réactionnaires et de ceux qui estiment (.) que les femmes sont des êtres à part, des enfants à visage d'adulte, réclamant d'être protégées".

"Gageons que nombre des signataires n'ont pas récemment été exposées à ce type de " non évènement " qui se trouve, de par la construction du texte, directement mis sur un pied de quasi-équivalence avec les " victimes, des hommes sanctionnés dans l'exercice de leur métier, contraints à la démission, etc., alors qu'ils n'ont eu pour seul tort que d'avoir touché un genou, tenté de voler un baiser, parlé de choses "intimes" lors d'un dîner professionnel ou d'avoir envoyé des messages à connotation sexuelle à une femmes chez qui l'attirance n'était pas réciproque ".

Sans détour, les auteures de la lettre dénoncent les " campagnes de délations " et la " justice expéditive " qui ont découlé du mouvement de dénonciation apparu dans le monde à la suite des révélations, dans plusieurs pays, de femmes connues qui ont affirmé avoir été agressées sexuellement par des personnages publics, généralement en position de pouvoir.

KARIM SAHIB
La cinglante réponse des féministes aux signataires de la tribune "Deneuve"

"Nous sommes aujourd'hui suffisamment averties pour admettre que la pulsion sexuelle est par nature offensive et sauvage, mais nous sommes aussi suffisamment clairvoyantes pour ne pas confondre drague maladroite et agression sexuelle", concluent-elles.
Sur les réseaux les hashtags #metoo et #balancetonporc ont fleuri à une allure folle et une vague de témoignages des plus ahurissants et révoltants ont jailli.

"Surtout, nous sommes conscientes que la personne humaine n'est pas monolithe: une femme peut, dans la même journée, diriger une équipe professionnelle et jouir d'être l'objet sexuel d'un homme, sans être une 'salope' ni une vile complice du patriarcat". "Les femmes ne sont pas cela", clame-t-elle. "Révoltant. À rebours de la prise de conscience actuelle", s'indigne l'association Osez le féminisme, qui rappelle qu'"une femme sur six sera agressée ou violée au cours de sa vie".

"Dommage que notre grande Catherine Deneuve se joigne à ce texte consternant", a tweeté l'ex-ministre Ségolène Royal, adressant ses "pensées aux victimes de violence sexuelle, écrasées par la peur d'en parler".

En mars, Catherine Deneuve avait apporté son soutien à Roman Polanski, accusé d'agressions sexuelles.

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