L'Allemagne toujours embourbée dans les discussions entre partis — Elections législatives

12 Janvier, 2018, 15:59 | Auteur: Armand Coulomb
  • De gauche à droite la chancelière allemande Angela Merkel et le leader socialiste Martin Schulz

Angela Merkel et les sociaux-démocrates sont parvenus vendredi matin après plus de 24 heures de négociations à un accord de principe pour un nouveau gouvernement en Allemagne, qui doit permettre à la chancelière de rester au pouvoir.

Pour le politologue Karl-Rudolf Korte, la chancelière, affaiblie après une victoire électorale remportée avec un score décevant, "serait finie" en cas de nouveau faux-pas.

Poids-lourd du SPD, c'est déjà lui qui avait poussé les responsables de son parti -pourtant décidé après les législatives à passer dans l'opposition- à s'engager dans un mariage de raison avec Angela Merkel afin d'éviter des élections anticipées susceptibles de profiter avant tout au parti d'extrême droite AfD.

Une majorité d'Allemands (56%) pensent même que la chancelière quittera ses fonctions avant la fin de son éventuelle prochaine mandature, selon un sondage publié jeudi par le quotidien Handelsblatt.

Dans ce contexte, les dirigeants "vont tout faire pour arriver à une nouvelle grande coalition", qui ne serait "de facto qu'une mini-coalition car ils n'ont que 53%" des voix, a estimé Karl-Rudolf Korte sur la chaîne ZDF. Les socialistes du SPD, qui ont formé une grande coalition avec les conservateurs de la CDU d'Angela Merkel, ne veulent pas rééditer cette stratégie, mais sont prêts à soutenir un gouvernement minoritaire sous certaines conditions. Aujourd'hui, chacun promet "une nouvelle politique" adaptée à l'époque qui change, en dépit de positions très opposées sur certains dossiers. Les conservateurs, en particulier la CSU déjà en campagne pour des élections régionales cet automne, exigent un durcissement de la politique migratoire et une réduction limitée des impôts pour tous.

Carrefour acquiert 17% du capital de Showroomprivé
Il permet en outre à Carrefour d'entrer sur le marché des ventes privées en ligne et de renforcer son offre", a indiqué Alexandre Bompard, PDG de Carrefour .

Désireux de convaincre les militants, Martin Schulz a mis en avant les thèmes de justice sociale lors des pourparlers, réclamant d'importants investissements dans l'éducation et les infrastructures, un soutien aux classes moyennes et défavorisées, la suppression des inégalités face à l'assurance santé entre riches et pauvres et une augmentation du taux d'imposition sur les gros salaires de 42 à 45%. Mais les sociaux-démocrates ne devraient dévoiler que vendredi s'ils recommandent une nouvelle coalition.

Lors d'un congrès extraordinaire le 21 janvier à Bonn les quelque 600 délégués du plus vieux parti allemand devront donner leur feu vert pour entamer de véritables négociations détaillées sur un programme de coalition.

Le document n'entre toutefois pas dans le détail des propositions faites par le chef de l'Etat français Emmanuel Macron, en vue notamment de la création d'un budget de la zone euro, d'un ministre des Finances pour les pays de l'Union monétaire, voire d'un parlement propre à la zone euro. Et elle reste très réservée à l'idée de servir à nouveau d'appoint aux conservateurs.

Si aucun accord n'est présenté jeudi soir, il n'est pas exclu que les discussions exploratoires soient prolongées mais le président fédéral, Frank-Walter Steinmeier, a clairement indiqué qu'il voulait une issue rapide.

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