Qu'avez-vous fait à ma sororité — Tribune "anti #MeToo"

12 Janvier, 2018, 00:30 | Auteur: Lea Montgomery
  • La militante féministe Caroline De Haas lors d'une action contre les violences faites aux femmes le 24 novembre 2017 à Paris. (ALAIN JOCARD  AFP

Le texte dénonce enfin ce qu'il considère comme un enfermement des femmes dans un statut de victimes: une femme "peut veiller à ce que son salaire soit égal à celui d'un homme", mais "ne pas se sentir traumatisée à jamais par un frotteur dans le métro" voire l'envisage comme "l'expression d'une grande misère sexuelle" ou "un non-événement". Après un collectif de militantes féministes sur France Info ce mercredi matin, puis Laurence Rossignol (sénatrice de l'Oise et ancienne secrétaire d'État chargée de la Famille et des Personnes âgées) qui, au micro de France Inter, s'est demandée ce que Catherine Deneuve "était venue faire dans cette galère", c'est sa successeure, Marlène Schiappa, qui a réagi à la polémique, sur France Culture.

"Catherine Millet, Catherine Deneuve ou encore Brigitte Lahaie, signataires de " la liberté d'importuner ", sont ainsi accusées de " refermer la chape de plomb " soulevée par le scandale Weinstein et de " mépriser " les victimes de violences sexuelles dans un texte qui répond point par point aux arguments présentés la veille.

Pourtant, selon la loi, les "frotteurs" peuvent être reconnus coupables d'agressions sexuelles. "Une femme peut dans la même journée diriger une équipe professionnelle et jouir d'être l'objet sexuel d'un homme", ajoutent-elles.

Sans détour, les auteures de la lettre dénoncent les " campagnes de délations " et la " justice expéditive " qui ont découlé du mouvement de dénonciation apparu dans le monde à la suite des révélations, dans plusieurs pays, de femmes connues qui ont affirmé avoir été agressées sexuellement par des personnages publics, généralement en position de pouvoir.

Le sous-marin argentin a été pulvérisé en 40 millisecondes
C'est le Bureau américain du renseignement naval (ONI) qui dans un rapport dévoilé mercredi établies les circonstances dans lesquelles le San Juan a " implosé ".

"Cette tribune, c'est un peu le collègue gênant ou l'oncle fatigant qui ne comprend pas ce qui est en train de se passer"...

Lire ce texte à l'aune de 2018, trois mois après le soulèvement médiatique entraîné par l'affaire Weintein et la déferlante #MeToo, fait mal à ma sororité. "Elles n'y arriveront pas", poursuivent les signataires.

Selon elles, si "une légitime prise de conscience des violences sexuelles exercées sur les femmes, notamment dans le cadre professionnel" a eu lieu après l'affaire, "cette libération de la parole se retourne aujourd'hui en son contraire: on nous intime de parler comme il faut, de taire ce qui fâche, et celles qui refusent de se plier à de telles injonctions sont regardées comme des traîtresses, des complices!". Et des centaines de viols. Une enquête Odoxa pour franceinfo et Le Figaro publiée en octobre montrait que plus d'une femme sur deux (53%) avait déjà été victime d'agression sexuelle ou de harcèlement.

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