Nouvelles manifestations malgré les avertissements officiels — Iran

13 Janvier, 2018, 19:00 | Auteur: Armand Coulomb
  • Des manifestants défilent dans une rue de Téhéran en Iran

Dans la nuit, l'Internet a été coupé sur les téléphones portables au moins à Téhéran, ont constaté les journalistes de l'AFP. Environ 3,2 millions d'Iraniens sont sans emploi sur une population de 80 millions d'habitants.

La police a dispersé avec des gaz lacrymogènes des dizaines d'étudiants manifestant contre le pouvoir à Téhéran, samedi 30 décembre devant l'entrée principale de l'université de Téhéran.

Des vidéos mises en ligne sur les réseaux sociaux montrent des manifestants en train d'attaquer et parfois incendier des bâtiments publics, des centres religieux, des banques ou des sièges du Bassidj (la milice islamique du gouvernement). La police anti-émeute, largement déployée, est intervenue pour empêcher les étudiants de sortir dans la rue.

Des manifestations de soutien au pouvoir ont également été organisées ce lundi dans plusieurs villes du pays. Huit manifestants ont péri à Toyserkan (ouest) et Izeh (sud-ouest), selon les médias.

Sur Twitter, le ministre des Télécommunications, Mohammad-Javad Jahromi, a accusé Telegram d'encourager le "soulèvement armé". "Nous agirons contre ceux qui provoquent la terreur", a averti le ministre de l'Intérieur Abdolreza Rahmani Fazli, en faisant la distinction entre "ceux qui ont des revendications légitimes" et "les contre-révolutionnaires".

L'Iran va restreindre temporairement l'accès à certains réseaux sociaux et bloquer des applications de messagerie pour contrôler le mouvement de contestation qui prend de l'ampleur, rapporte dimanche la chaîne de télévision iranienne IRIB citant une source informé.

Lyon: incidents dans un train, de nombreux policiers mobilisés à la Part-Dieu
Selon les premières infos, il s'agit du TGV reliant Paris à Évian qui a été contraint de faire une halte non prévue à Lyon. Le train, qui a pour itinéraire habituel Paris-Evian, a dû changer son trajet suite au comportement de certains passagers.

Des médias conservateurs iraniens soutiennent que la majorité des appels à manifester viennent de l'étranger, d'Arabie saoudite, rivale régionale de l'Iran, ou de groupes d'opposition en exil. "Bien que les gens aient le droit de protester, les protestataires doivent savoir comment ils sont dirigés", a-t-elle écrit.

Pour Afchine Alavi, membre du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), "ces propos reflètent avant tout l'affolement du régime des mollahs face à l'étendue du soulèvement contre la dictature religieuse et face à la popularité grandissante de l'organisation des Moujahidine du peuple d'Iran (OMPI) et de la Résistance iranienne".

La vague de protestation contre la vie chère et de contestation du pouvoir qui enflamme le pays est la plus importante depuis les manifestations de 2009 contre le président Ahmadinejad.

Pour la première fois samedi, la télévision d'État a diffusé des images des manifestations de jeudi et vendredi.

D'après les médias iraniens, environ 400 personnes ont été arrêtées depuis le début du mouvement, une centaine aurait été relâchée.

Le président américain Donald Trump, qui avait déjà dénoncé les arrestations vendredi, a affirmé samedi dans un tweet que "les régimes oppresseurs ne peuvent perdurer à jamais". Il n'a pas le droit de compatir avec le peuple iranien.

Recommande: