Le procès à commencé à Paris — Tarnac

13 Mars, 2018, 20:06 | Auteur: Armand Coulomb
  • Le procès de Julien Coupat et de Yildune Levy pour un sabotage de ligne TGV en 2008 s'ouvre mardi 13 mars 2018

Présentés en 2008 comme de dangereux terroristes "d'ultra-gauche", ils sont jugés dix ans plus tard notamment pour la dégradation d'une ligne SNCF: le procès de huit membres du "groupe de Tarnac" qui s'ouvre mardi à Paris pourrait être aussi celui des dérives d'une enquête sous influence politique.

"La défense de Julien Coupat, de Yildune Lévy et des six autres prévenus va tout faire pour fragiliser l'accusation et transformer ce procès du groupe de Tarnac en procès de l'enquête policière", rapporte Clément Weill-Raynal en direct du tribunal correctionnel de Paris. Aujourd'hui âgé de 43 ans, tempes grisonnantes et lunettes rondes, sirotant régulièrement du maté, il a donné vie au visage figé - une photo de surveillance policière - qui a tourné en boucle dans les médias pendant dix ans.

La justice leur reproche, sur le fondement d'une idéologie développée dans un livre qui leur est attribué (L'insurrection qui vient), d'avoir participé au sabotage d'une ligne SNCF à Dhuisy, en région parisienne, et organisé des actions violentes contre des intérêts de l'État, notamment le 3 novembre 2008 lors d'une manifestation à Vichy (centre). L'avocat de Julien Coupat, Me Jeremy Assous, dit lui souhaiter "un procès de la police" antiterroriste.

En 2017, après neuf ans de bataille judiciaire, de polémiques et le dessaisissement du juge chargé de l'enquête, la Cour de cassation, plus haute juridiction française, avait abandonné la qualification terroriste.

L'affaire avait spectaculairement débuté le 11 novembre 2008 par l'arrestation devant les caméras de télévision d'une dizaine de membres d'une communauté libertaire installée à Tarnac, un petit village de Corrèze, par 150 policiers cagoulés.

Devant la salle d'audience, une cinquantaine de personnes, venues soutenir les prévenus mais qui n'ont pas pu entrer, ont manifesté leur impatience en scandant: "Laissez-nous rentrer, laissez-les sortir!".

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La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie, salue alors l'interpellation de membres de "l'ultra-gauche, mouvance anarcho-autonome, en lien avec les sabotages" et le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, décrit "une cellule invisible" ayant pour objet "la lutte armée".

Pour le procureur de Paris à l'époque Jean-Claude Marin, Julien Coupat était "le dirigeant d'une structure à vocation terroriste".

Le 9 novembre, ces actes de sabotage et d'autres sont revendiqués auprès de quotidiens allemands dans un texte signé "en souvenir de Sebastian", référence à un militant antinucléaire français mort le 7 novembre 2004, écrasé par un train de transport de déchets nucléaires. Mais pour les enquêteurs français, cette revendication n'exclut en rien la piste hexagonale.

Le 15 novembre, huit interpellés étaient mis en examen pour "association de malfaiteurs terroriste" et Coupat pour "direction" de ce groupe. Mais l'un des points centraux de l'accusation c'est que Julien Coupat et Yildune Lévy ont été repérés la nuit des faits à proximité de l'un des lieux de sabotage.

Les avocats des prévenus ont également cité à comparaître les policiers du renseignement impliqués dans la surveillance du groupe mais ces derniers devraient témoigner anonymement à l'audience comme la loi le leur permet.

Le procès est prévu jusqu'au 30 mars.

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