"Frappes en Syrie: "Washington " prêt à dégainer " à nouveau

16 Avril, 2018, 05:04 | Auteur: Armand Coulomb

"Le régime de Damas considère que la Russie profite cette guerre pour retrouver une puissance internationale". Et si deux jours avant les frappes menées conjointement avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni, le président de la République assurait sa fermeté quand à la pose concrète d'une ligne rouge à ne pas franchir pour le régime de Damas, il se refusait déjà l'hypothèse d'une intervention militaire sur le sol syrien.

Pas d'ambiguïté donc de la part du Chef de l'Etat, mais une volonté de rappeler que la France ne laissera plus passer sans réaction des exactions comme celles qu'elle impute au pouvoir syrien. Pour l'instant. Car, sauf incident grave et comme l'annonce dans une récente et excellente analyse, mon collègue chercheur, Barah Mikaïl, la Russie ne se brûlera pas les ailes en rétorquant à l'attaque des Etats-Unis et de ses alliés et "une conflagration américano-russe sur fond de désaccord en Syrie paraît peu probable en dépit des apparences", même si elle n'est pas exclue pour autant. "Vos agressions aggravent la situation humanitaire" en Syrie, a-t-il déclaré.

Le régime et l'allié russe ont toujours nié toute responsabilité, dénonçant des "fabrications" rebelles.

"Notre stratégie syrienne n'a pas changé", a martelé samedi l'ambassadrice américaine à l'ONU Nikki Haley.

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Tout en jugeant "légitimes" les frappes du week-end, le président du Council on Foreign Relations Richard Haass constate sur Twitter qu'il "n'y a pas de changement visible dans la politique américaine à l'égard de la Syrie".

"Les Américains n'ont pas agi pour affaiblir le régime", assure cet ex-diplomate respecté.

Officiellement, la "stratégie" américaine a été détaillée en janvier par Rex Tillerson, alors secrétaire d'Etat de Donald Trump. "Est-ce que vous m'avez entendu dire que je déclarais la guerre à Bachar al-Assad?"

Le vide que créerait un retrait américain, prévenait-il en substance, jouerait le jeu du président syrien comme des visées expansionnistes de Téhéran. Des hauts responsables de l'administration ne cessent de répéter ce mot à chaque fois qu'ils décrivent la stratégie de Donald Trump en Syrie. Car, comme l'ont déclaré les officiels occidentaux dans les débriefings médiatiques de cette nuit et ce matin, ces frappes (coordonnées avec les Français, les Britanniques mais aussi les Russes!) ont été "limitées", "ciblées" et ont épargné les troupes iraniennes et russes, puisque ces derniers ont été "prévenus en amont" comme l'a déclaré, Florence Parly, la ministre française des Armées. "A la Russie de faire pression sur lui", a-t-il ajouté. Résultat, il est aujourd'hui, selon lui, "moins probable que jamais" de sortir le processus de Genève de l'impasse.

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