La France veut protéger ses entreprises des sanctions américaines — Iran

11 Mai, 2018, 15:28 | Auteur: Thibaud Popelin
  • Nucléaire rencontre lundi entre des ministres européens et des représentants iraniens

PARIS, 11 mai (Reuters) - Le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire a appelé vendredi les pays de l'Union européenne à refuser la "vassalisation de l'Europe en matière commerciale" face à la menace de sanctions américaines en Iran et présenté une feuille de route pour affirmer la souveraineté du Vieux Continent.

Jugeant que le retrait américain de l'accord nucléaire était " une erreur " pour la sécurité internationale mais aussi du point de vue économique, le ministre a observé que cette décision aurait des " conséquences " pour les entreprises françaises, telles que Total, Sanofi, Renault ou encore Peugeot.

Or, la décision américaine impose aux entreprises étrangères des " délais très courts de l'ordre de six mois " pour se retirer de l'Iran, a noté Bruno Le Maire, faute de quoi elles pourraient être frappées par les mesures punitives leur barrant l'accès aux marchés américains.

Bruno Le Maire a indiqué qu'il s'entretiendrait "d'ici la fin de la semaine" avec le secrétaire au Trésor américain Steven Mnuchin, "pour étudier avec lui quelles sont les possibilités".

Eyraud a prévenu les supporters — OM
Comme évoqué ces dernières semaines, l'Olympique de Marseille fait l'objet d'une enquête de l'UEFA dans le cadre du fair-play financier.

"La France souhaite pouvoir faire avec d'autres partenaires européens des propositions à la Commission européenne dans ce sens dans les jours qui viennent", a-t-il annoncé, citant notamment la nécessité de renforcer un règlement européen de 1996 protégeant les entreprises européennes de sanctions extraterritoriales. Parmi les solutions envisagées, il a évoqué des " clauses grand-père", à savoir le maintien des droits aux entreprises déjà en place, et des " exemptions ". Au-delà, le patron de Bercy s'est demandé si l'Europe - et le reste du monde - voulait que les États-Unis deviennent "le gendarme économique de la planète ": "Ou voulons nous, nous Européens, dire: "Nous avons des intérêts économiques, nous voulons continuer à faire du commerce avec l'Iran dans le cadre d'un accord stratégique" ". Au contraire l'accord permet d'encadrer le développement du nucléaire iranien, de le surveiller.

"Qui va contrôler les installations iraniennes s'il n'y a plus cet accord?", a-t-il déclaré mercredi sur France Culture.

" La crise irakienne de 2003 a conduit à un désastre", a-t-il poursuivi".

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