Trump saborde le G7 et menace ses alliés de nouvelles taxes

10 Juin, 2018, 19:41 | Auteur: Basile Toussaint
  • Trump isolé face au reste du monde au sommet annuel du G7

Quand Donald Trump quitte le Canada hier, samedi 9 juin, le communiqué final du G7 est validé.

"Il a tenu une conférence de presse et dit que les Etats-Unis étaient insultants", a affirmé Kudlow sur CNN, estimant que les déclarations de Trudeau étaient un coup de poignard dans le dos.

Durant sa conférence de presse, Justin Trudeau a évoqué des mesures de rétorsion que le Canada prendrait le mois prochain suite à l'instauration par Washington de droits de douane sur les importations américaines d'acier et d'aluminium en provenance du Canada, de l'Union européenne et du Mexique.

Il a argué que le premier ministre du Canada avait causé du tort "à tout le G7", alors que les États-Unis avaient selon lui accepté de participer au sommet, de négocier et de signer le communiqué "de bonne foi". Le visage fermé, parfois traversé d'un sourire crispé, des poignées de mains de-ci, de-là, des tapes sur l'épaule de l'un et de l'autre, des têtes à têtes avec l'un et avec l'autre, ou une entrée tardive remarquée dans un déjeuner de travail déjà bien amorcée: oui, Donald Trump est venu au G7, il est arrivé le dernier et en est reparti le premier. Donald Trump a défini Justin Trudeau de "très malhonnête et faible".

Avant de quitter la petite ville de La Malbaie (Québec, est du Canada) pour s'envoler vers Singapour, où il rencontre mardi le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un pour un sommet historique, le président américain s'est employé à calmer les tensions créées en particulier par sa politique protectionniste. Nous avons passé deux jours à avoir un texte et des engagements, nous nous y tenons. "Nous nous engageons et nous tenons". Tous appréhendaient les réactions et décisions du président américain notamment concernant son attachement au protectionnisme.

Trump se désolidarise du communiqué final du G7
Dans la foulée, il a renouvelé ses menaces de mettre en place des taxes sur le secteur de l'automobile. Donald Trump a envoyé son message sur les réseaux sociaux à peine deux heures après la fin du sommet.

Le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, a pour sa part accusé M. Trump de "détruire très rapidement une quantité incroyable de confiance dans un tweet", alors que Berlin a apporté son soutien au communiqué commun. C'est sa première confrontation collective avec les dirigeants des six autres pays depuis qu'il a frappé leur acier et leur aluminium de tarifs douaniers renforcés. Ses services n'ont voulu faire aucun commentaire dans l'immédiat. ", se demande le Journal de Montréal, qui déplore le résultat d " une réunion de sept personnes la plus chère au monde, et des rendez-vous "fourre-tout".

Les dirigeants du G7 ont signé samedi au Canada un texte de compromis sur le commerce négocié de haute lutte.

Pour évaluer l'équité des échanges commerciaux avec ses partenaires, le milliardaire se concentre sur une seule question: tel pays a-t-il un excédent ou un déficit commercial avec les Etats-Unis? "Les règles de l'Organisation mondiale du commerce et le système commercial multilatéral doivent être respectés, a encore soutenu Xi Jinping, dont le pays est engagé dans des discussions difficiles avec les États-Unis pour éviter une guerre commerciale". La démonstration d'unité de l'OCS se veut le miroir inversé des divisions qui ont miné le sommet du G7, sabordé après sa clôture par le président américain qui a retiré son soutien au communiqué final qu'il avait auparavant avalisé.

Un engagement a été pris avec les États-Unis d'avoir des discussions conjointes et de " mettre les faits autour de la table, parce qu'il y a aujourd'hui beaucoup de contre-vérités qui sont proférées", a-t-il ajouté.

Le président russe Vladimir Poutine a quant à lui ironisé sur le "babillage inventif" des pays du G7, qu'il a invités à "se tourner vers les sujets concrets relevant d'une vraie coopération".

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