Trump se désolidarise du communiqué final du G7

10 Juin, 2018, 11:21 | Auteur: Basile Toussaint
  • Donald Trump quittant la Maison-Blanche le 8 juin 2018

Le président américain a expliqué qu'il devait se projeter dans la préparation de son sommet sans précédent avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un mardi à Singapour. Ils sont venus demander aux dirigeants du G7 de mettre plus de pression sur la Russie pour exiger la libération de prisonniers politiques, bien que cet État ait été exclu du Groupe des sept en raison de l'annexion de la Crimée à la Fédération de Russie en 2014.

Il s'agit de l'un des rares mouvements d'opposition à s'être affiché dans la "zone de libre expression", qualifiée ironiquement "d'enclos" par plusieurs, car ceinturée par d'imposantes clôtures en retrait de la zone sécurisée, à plus d'un kilomètre du Manoir Richelieu.

Donald Trump a envoyé son message sur les réseaux sociaux à peine deux heures après la fin du sommet.

Le communiqué diffusé vers 19h samedi par le bureau du G7 présente 28 engagements des pays signataires, "guidés par nos valeurs communes de liberté, de démocratie, de primauté du droit et de respect des droits de la personne et par notre engagement à promouvoir un ordre international fondé sur des règles". Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, hôte du sommet, a commencé sans lui, s'offrant au passage une remarque ironique sur les "retardataires".

"Merci de dire au premier ministre Trudeau et au président Macron qu'ils imposent aux États-Unis des taxes massives (.)", répond Donald Trump, ajoutant: "Hâte de les voir demain".

VIDÉO - Une avenue "Jacques et Bernadette Chirac" inaugurée à Brive, une première
" C'est une fierté pour Jacques, pour moi, pour notre famille ", a réagi Bernadette Chirac au micro de France Bleu Limousin . Fatiguée, en fauteuil roulant, la dame de 85 ans est venue accompagnée de sa fille Claude.

Du commerce au retour de la Russie dans le club, Donald Trump a défié vendredi ses alliés du G7 au Canada mais, sourires et accolades à l'appui, tous ont voulu donner l'image d'une franche explication entre amis. Dans la foulée, il a renouvelé ses menaces de mettre en place des taxes sur le secteur de l'automobile. C'est malhonnête et faible.

Le G7, qui réunit les Etats-Unis, le Japon, le Canada, la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni et l'Italie, poursuit ses travaux samedi 9 juin 2018, à La Malbaie (Canada).

Une issue, proposée selon l'Elysée par la chancelière allemande, consisterait à lancer un "dialogue" entre Etats-Unis et UE afin de résoudre le conflit sur l'acier et l'aluminium, et en éviter un dans d'autres secteurs comme l'automobile. L'Europe taxe les importations de voitures hors-UE, donc américaines, de 10%. Aux Etats-Unis, les Audi, Volkswagen et autres voitures étrangères sont frappées d'une taxe de 2,5%. Avec sa rhétorique "America First", le président américain a fait du rééquilibrage des échanges extérieurs des Etats-Unis une priorité pour l'emploi.

Il est trop tôt pour dire si un communiqué commun des sept membres du G7 est possible car l'Iran et la lutte contre le dérèglement climatique - deux sujets de fortes dissensions avec le président américain - restaient à discuter. "Nous avons eu une discussion très directe et ouverte, a commenté le chef de l'Etat français, Emmanuel Macron, au soir du premier jour". Dans l'immédiat, la Russie est de toute façon plutôt occupée à accorder ses violons avec la Chine et l'Iran, à l'occasion de la réunion annuelle de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS). "Nous sommes la tirelire que tout le monde pille", a-t-il regretté.

Au-delà de la proposition provocante de Donald Trump de réintégrer la Russie dans le G7, et de la guerre commerciale annoncée, les thèmes chers affichés par Justin Trudeau et que le "couple" Trudeau-Macron entend défendre, tels le climat ou les droits des femmes, n'intéressent guère la Maison-Blanche, note le journal.

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