Pourquoi les futurs concerts du rappeur Médine au Bataclan font polémique

11 Juin, 2018, 18:55 | Auteur: Lea Montgomery
  • Le rappeur controversé Médine au Bataclan : une

"Au Bataclan, la barbarie islamiste a coûté la vie à 90 de nos compatriotes". La première à avoir réagi publiquement, Life for Paris, s'oppose à la censure, rappelant que le Bataclan "est complètement libre de sa programmation, sous contrôle de la préfecture de police de Paris". En cause, une chanson du rappeur havrais, Don't Laïk, sortie en 2015 dans laquelle il déclare notamment "Crucifions les laïcards comme à Golgotha" ou "J'mets des fatwas sur la tête des cons".

"Aucun Français ne peut accepter que ce type aille déverser ses saloperies sur le lieu même du carnage du Bataclan".

Depuis, alertés par la twittosphère, des personnalités politiques se sont saisi de l'affaire, relayant pour la plupart une image de Médine portant le t-shirt de son album sorti en 2005 - Jihad, le plus grand combat est contre soi-même.

Le député Les Républicains des Alpes-Maritimes, Éric Ciotti, a demandé dans un communiqué "au président Emmanuel Macron d'interdire ce concert", estimant que "si la liberté d'expression est un droit fondamental, il y a des symboles qui ne peuvent être profanés".

Contactée par Les Inrocks, Life for Paris, qui représente 700 victimes des attentats du 13 novembre, majoritairement des rescapés, développe sa position: "Le Bataclan a été aussi victime de l'attentat: au moins un personnel de la salle a été touché". Life for Paris s'offusque au contraire de l'aspect politique de cette polémique née sur Twitter: "On se battra toujours contre ceux qui tentent de récupérer les victimes".

Rafael Nadal remporte son 11e titre à Roland-Garros
Nadal lui-même, contrairement à d'autres fois où il s'était écroulé sur la terre battue, s'est contenté de lever les bras au ciel. Frayeur tout de même: à 2-1, entre deux services, l'Espagnol prend une pause pour soigner une crampe à la main gauche.

"Notre métier c'est d'amener de la musique, des concerts, des spectacles".

13onze15, autre association représentative des victimes des attentats du 13 novembre, a une position plus nuancée sur la question.

"Une telle interdiction offrirait une formidable occasion à ce rappeur de s'ériger en victime de la censure", a argué pour sa part le mouvement laïque Printemps républicain, tout en interpellant les programmateurs: "Nous nous interrogeons néanmoins sur la responsabilité de la direction de la salle [.] Dans un tel lieu de mémoire, la logique purement commerciale ne peut s'imposer, seule, quant au choix des artistes invités à se produire sur scène".

Et d'ajouter: "Nous, avocats de familles de victimes du Bataclan, ne laisserons pas souiller la mémoire des morts et le cœur des blessés et de leurs proches par la tenue de ces concerts sans réagir. Il s'agit pour nous au minimum d'une maladresse".

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