Disparition "spectaculaire" des plus vieux baobabs d'Afrique

14 Juin, 2018, 20:55 | Auteur: Armand Coulomb
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Silencieusement et mystérieusement. Une équipe internationale de chercheurs dresse ce constat tragique: les plus vieux baobabs d'Afrique sont en train de mourir.

"Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, les grands baobabs d'Afrique australe ont commencé à mourir, mais depuis dix-quinze ans, leur disparition s'est accélérée à cause des températures très élevées et de la sécheresse", poursuit Adrian Patrut.

Pourtant, ces arbres mythiques contribuent à donner un paysage exceptionnel à ces savanes arides, avec leur tronc imposant, ses branches et ses racines qui arpentent le sol, donnant au final un vrai chef-d'œuvre tel un tableau. Toutefois, même s'ils citent comme éventualité le dérèglement climatique, les chercheurs ont été incapables de se fixer définitivement sur les causes du phénomène.

" C'est vraiment choquant et dramatique d'expérimenter pendant notre vie la disparition de tant d'arbres d'âges millénaires ", a expliqué au Guardian le botaniste Adrian Patrut de l'Université Babeș-Bolyai en Roumanie. Depuis une dizaine d'années, neuf vieux baobabs sur les 13 recensés sont en partie ou complètement morts.

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Une critique qui revient également ces dernières semaines chez certains parlementaires d'En Marche. " Où est passé notre ADN? ". Ainsi serait né le projet de la note confidentielle rédigée par les trois économistes.

Les chercheurs n'ont étudié qu'une soixantaine de baobabs, les plus grands d'Afrique (donc généralement les plus vieux) pour tenter, au départ, de percer le secret de leur longévité. Des fragments dont ils ont ensuite défini l'âge à l'aide de la datation au carbone. Parmi eux, trois monstres symboliques: Panke, au Zimbabwe, le plus vieux avec 2 450 ans au compteur, Platland en Afrique du Sud, l'un des plus gros du monde, avec un tronc de plus de 10 mètres de diamètre, et le célèbre Chapman, au Botswana.

"Les baobabs produisent périodiquement de nouveaux troncs, comme d'autres espèces produisent des branches", selon l'étude. Quand un trop grand nombre de tiges meurent, l'arbre s'écroule.

"Avant de commencer nos recherches, nous avions été informés de l'effondrement du baobab Grootboom en Namibie mais nous pensions que c'était un événement isolé", indique Adrian Patrut, coauteur de l'étude, à l'AFP. Cependant lorsque les tiges mortes sont plus nombreuses, le baobab meurt. Bien que d'autres recherches soient nécessaires pour confirmer ou infirmer cette hypothèse, Adrian Patrut soutient que "la région dans laquelle les baobabs millénaires sont morts est l'une de celles où le réchauffement est le plus rapide en Afrique".

Si les causes naturelles sont écartées, et notamment des épidémies, quelle est l'origine de ces disparitions d'une ampleur sans précédent? Pour lui, et pour son équipe, le changement climatique pourrait affecter la capacité de ses grands arbres à survivre dans leur habitat.

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