Privatisation d'ADP : Le ministre veut rassurer salariés et compagnies

15 Juin, 2018, 10:25 | Auteur: Basile Toussaint
  • AEROPORTS DE PARIS

Selon Bercy, des garde-fous ont été prévus pour s'assurer que les privatisations d'Aéroports de Paris, d'Engie et de la Française des jeux ne mettront pas en péril les intérêts de l'État français.

PARIS, 12 juin (Reuters) - Le projet de loi Pacte présenté lundi prochain au conseil des ministres comportera les dispositions permettant la cession de participations publiques dans des entreprises pour lesquelles une modification législative est nécessaire, a déclaré mardi le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux.

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire s'est voulu rassurant mercredi après l'annonce de la privatisation d'ADP affirmant que l'emploi serait préservé et les tarifs aéroportuaires contrôlés pour éviter de reproduire les erreurs commises lors de la privatisation des autoroutes. Seulement voilà, la loi impose des règles strictes: dans le cas d'ADP, selon les restrictions légales en vigueur, l'État doit détenir au moins 50% du capital. Mais le texte ne précisera pas les montants qui pourraient être cédés, ni à qui ces actifs pourraient être vendus.

Ces cessions, destinées à recentrer le portefeuille public sur les secteurs considérés comme essentiels, serviront à alimenter un fonds de 10 milliards d'euros pour l'innovation de rupture, promesse de campagne d'Emmanuel Macron.

1,5 milliard dans l'électrification; la production de la Zoé doublera — Renault
Cette somme s'ajoutera aux 500 millions annoncés fin 2016, pour la modernisation des usines françaises entre 2017 et fin 2019. La Zoé a progressé de 44 % et revendique près du quart des ventes de voitures électriques sur le marché européen.

"Nos salariés ont déjà fait des efforts considérables de compétitivité", a-t-il poursuivi précisant qu'en 2006, année de l'introduction en Bourse d'ADP, sa valorisation était de 4,5 milliards d'euros contre 18 milliards aujourd'hui.

"L'influence de l'Etat peut s'exercer autrement que par la détention de capital", c'est-à-dire "par une régulation accrue", a encore assuré le ministère.

La loi Pacte déterminera donc une limite à l'exploitation et à l'utilisation de ces actifs, "fixée à 70 ans". Deux nouvelles autorités indépendantes devraient voir le jour, l'une pour réguler le monopole de la FDJ sur les jeux de grattage et de tirage, l'autre pour superviser ADP, notamment dans le cadre des négociations de son contrat de régulation économique.

En ce qui concerne Engie, dont l'Etat détient 24,1% du capital et 33% des droits de vote, le gouvernement conservera une action spécifique ("golden share"), qui lui donnera le droit de s'opposer à des cessions d'actifs jugés stratégiques, comme des infrastructures de transport gazier ou de stockage. L'ampleur et les modalités des cessions ne seront déterminées qu'après l'adoption du texte par le Parlement, pas avant 2019.

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