Les conclusions sur les migrations adoptées — Sommet de Bruxelles

01 Juillet, 2018, 08:06 | Auteur: Armand Coulomb
  • Migrations : les Européens ont trouvé un accord au bout de la nuit

Enfin, dans ces centres, une distinction sera faite "rapidement " entre migrants irréguliers à expulser et demandeurs d'asile légitimes, qui pourraient être répartis dans l'UE, là aussi "sur une base volontaire". Matteo Salvini qui a lancé la guerre contre les ONG ne peut que se féliciter de ce passage, qui n'est pas sans soulever une grande indignation parmi les associations d'aide aux migrants.

De son côté, l'Italie, qui menaçait pourtant de poser son veto, a elle aussi signé et obtient la garantie d'une co-responsabilité des Etats européens sur le sauvetage en mer et l'accueil des migrants. C'est même Emmanuel Macron et Giuseppe Conte qui en sont à l'origine et qui auraient réalisé des tractactions communes.

"C'est d'abord le fruit d'un travail commun et c'est la coopération européenne qui l'a emporté sur le choix d'un non accord ou de décisions nationales qui n'auraient été ni efficaces ni durables", a déclaré Emmanuel Macron à la sortie du sommet à Bruxelles, après neuf heures de tractations sur la gestion de l'accueil des migrants.

Dans la nuit, la chancelière allemande, dont l'autorité est défiée sur la question migratoire par ses alliés de la CSU, l'aile droite de sa coalition, qui la trouve trop laxiste en la matière, s'était dit "optimiste sur le fait de pouvoir continuer à travailler". Il prévoit aussi de renforcer le soutien aux garde-côtes libyens et appelle "tous les navires qui opèrent dans la Méditerranée" à "respecter les lois applicables et ne pas faire obstacle aux opérations des garde-côtes libyens". "L'Italie n'est plus seule", se félicite l'Italien Giuseppe Conte.

Si les dirigeants européens ne se mettent pas d'accord, ils vont fournir "un nombre croissant d'arguments " à des mouvements populistes, avait auparavant prévenu le président du Conseil européen, Donald Tusk.

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Il fait ici référence à l'accord que les trois pays du Benelux ont donné, avec cinq autres pays (Malte, Italie, France, Espagne, Portugal), à l'accueil de plusieurs migrants secourus sur le navire humanitaire Lifeline, affrété par une ONG allemande. Ces lieux suscitent encore beaucoup de doutes parmi les pays européens, sur les contours concrets des "plateformes" comme sur la compatibilité avec le droit international de ces débarquements hors d'Europe. Ils doivent dire s'ils sont candidats. "Ils leur appartient de le faire publiquement", a expliqué le chef de l'Etat français.

De son côté, le chancelier autrichien Sebastian Kurz a écarté l'idée d'installer un tel centre en Autriche. " Les Vingt-Huit se sont mis d'accord sur la création de centres d'accueil sur le sol européen, sur la base du volontariat et pour se pencher sur l'instauration de dispositifs d'accueil situés en dehors de l'UE, montrent les conclusions publiées vendredi". "Bien sûr que non".

La législation européenne en question est celle qui confie aux pays de première entrée dans l'UE la responsabilité principale du traitement des demandes d'asile, faisant peser une charge disproportionnée sur certains pays.

La Commission propose de déroger à ce principe en période de crise, avec une répartition des demandeurs d'asile depuis leur lieu d'arrivée. L'Italie demande au contraire un système permanent de répartition, et l'abandon pur et simple du principe de la responsabilité du pays d'arrivée. Mais des pays comme la Hongrie et la Pologne, soutenus par l'Autriche, s'y opposent frontalement.

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