Plus de 18 000 fonctionnaires limogés dans une nouvelle purge — Turquie

09 Juillet, 2018, 06:41 | Auteur: Basile Toussaint
  • Cette nouvelle purge décidée par Erdogan intervient à la veille de la fin de l'état d'urgence instauré après la tentative de putsh de Juillet 2016

Plus de 18 000 fonctionnaires ont été limogées en Turquie par un décret-loi, publié dans le Journal officiel dimanche 8 juillet.

Parmi les 18632 fonctionnaires limogés à la suite d'un décret-loi paru dimanche, se trouvent 8998 policiers, 3077 soldats de l'armée de terre, 1949 de l'armée de l'air, 1126 de la marine, 1052 employés du ministère de la Justice, 649 gendarmes, 199 universitaires... La dernière période se termine officiellement le 19 juillet.

Réélu le 24 juin à la tête de la Turquie, le président Recep Tayyip Erdogan poursuit sa dérive autoritaire.

Et si l'état d'urgence devrait être levé lundi, comme l'avait promis Erdogan lors de sa campagne, ce même jour marquera l'entrée en vigueur du système présidentiel organisé par la controversée réforme constitutionnelle adoptée par référendum en avril 2017.

Selon l'ONG Human Rights Joint Platform (Ihop), 112 679 personnes avaient été limogées au 20 mars 2018, dont plus de 8 000 dans les forces armées, environ 33 000 parmi le personnel du ministère de l'Education et 31 000 au sein du ministère de l'Intérieur, dont 22 600 au sein de la Direction générale de la Sûreté. L'ensemble des pouvoirs exécutifs reviennent au président, qui pourra notamment promulguer des décrets présidentiels. Des milliers d'autres ont été suspendues.

Le prélèvement à la source reporté pour les salariés des particuliers — Impôts
Une décision annoncée ce 5 juillet par Gérald Darmanin , et réclamée par la Fédération des particuliers employeurs . Il n'y aura pas la possibilité de mettre en place une mensualisation du crédit d'impôt pour les ménages employeurs.

Pour leur part, "les autorités disent que les soutiens [du prédicateur musulman Fethullah Gulen basé aux États-Unis et accusé d'avoir orchestré la tentative de putsch] ont inflitré les institutions gouvernementales à tous les niveaux et qu'ils ont mis en place des cellules terroristes".

Le gouvernement qualifie le mouvement d'"organisation terroriste Fethullah" ce que le prédicateur nie en insistant sur le caractère pacifique de l'organisation.

Selon le gouvernement, 77 000 des personnes ont été arrêtées en raison de liens présumés avec Gülen. Le PKK est considéré comme une organisation terroriste par Ankara, mais aussi par l'UE et les Etats-Unis.

Douze associations, trois journaux et une chaîne de télévision ont aussi été fermés.

Parmi les journaux sanctionnés figurent le quotidien en langue kurde Welat édité dans la province de Diyarbakir, dans le sud-est du pays, ainsi que le journal prokurde Ozgurlukcu Demokrasi dont les locaux à Istanbul avaient été perquisitionnés par la police en mars. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.

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