"Après-Brexit : "Londres veut créer une " zone de libre-échange " avec l'UE

10 Juillet, 2018, 06:37 | Auteur: Basile Toussaint
  • Réunion cruciale du gouvernement britannique sur l'après-Brexit

Pressée par Bruxelles d'enclencher la vitesse supérieure, Theresa May réunit vendredi son gouvernement pour préciser sa position sur la future relation qu'elle souhaite avec l'Union européenne et tenter de surmonter les divisions explosives que le Brexit suscite parmi ses ministres.

Après des heures de négociations avec ses ministres lors d'un séminaire à Chequers, Theresa May a semble-t-il convaincu les défenseurs d'un Brexit au sein de son gouvernement de soutenir son projet de "zone de libre-échange des biens" avec l'Union européenne (UE). Une proposition attendue de longue date par les Européens, lassés des atermoiements du gouvernement britannique sur le contenu des négociations.

La rencontre devrait débuter dans la matinée à Chequers, la résidence de la Première ministre conservatrice, située à 70 km au nord-ouest de Londres. Downing Street précise que le secteur des services ferait en revanche l'objet 'd'arrangements différents'. Selon Londres, ce système permettrait d'éviter les contrôles douaniers entre le Royaume-Uni et l'UE, une manière de résoudre l'épineuse question d'un rétablissement d'une frontière physique entre l'Irlande et l'Irlande du Nord.

Le ministre du Brexit, l'eurosceptique David Davis, a claqué la porte dimanche soir, en signe de protestation contre le plan de Mme May de maintenir des relations économiques étroites avec Bruxelles après le Brexit, prévu le 29 mars 2019.

Dans ce projet, Londres souligne en outre la nécessité d'"intensifier" le travail de préparation pour faire face à tous les scénarios possibles - en particulier celui d'une éventuelle sortie de l'UE sans accord avec Bruxelles, que redoute les entreprises.

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Elle réagissait à l'empoisonnement de l'ex-espion russe Sergueï Skripal et de sa fille, dont Londres accuse Moscou. C'est chose fait depuis la victoire des hommes de Deschamps (2-0) face à l'Uruguay, ce vendredi.

Cette proposition, qui a été présentée vendredi 6 juillet et doit encore être négociée avec Bruxelles, a été fermement rejetée dans une lettre ouverte écrite par le fondateur de la marque de boissons Innocent, Richard Reed, et signée par une centaine d'entrepreneurs et dirigeants d'entreprise, dont ceux de Pret, Domino's ou Yo!Sushi (agro-alimentaire), Zoopla (immobilier) ou Net-a-porter (distribution de vêtements). "Il s'agit d'un mauvais (plan) pour le Royaume-Uni", a déclaré dans un communiqué John Longworth, co-président du mouvement pro-Brexit Leave Means Leave.

Alors qu'il reste neuf mois au Royaume-Uni avant de quitter l'UE et trois mois pour trouver un accord avec le bloc, Theresa May subit une pression intense de la part des Européens et des entreprises pour qu'elle dévoile sa vision sur les négociations.

A ses côtés, le chef de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a dit: " nous voulons nous en tenir au calendrier établi.

Jeudi prochain, l'exécutif britannique publiera un livre blanc détaillant ses objectifs, et réclamé "avec impatience" par le président du Conseil européen, Donald Tusk. La patience 'est à bout', a affirmé Adam Marshall, le directeur général des British Chambers of Commerce.

"Mais détrompez-vous, le Brexit, qu'il soit dur, mou, léger ou propre, qu'importe comment vous l'appelez, causera des dégâts à l'industrie aéronautique et à d'autres, et causera des dégâts au Royaume-Uni", a-t-il ajouté.

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