Le gouvernement suspend la hausse du prix des carburants — Violences en Haïti

10 Juillet, 2018, 13:26 | Auteur: Basile Toussaint
  • Violences en Haïti : le Premier ministre suspend la hausse des prix des carburants

Trois jours avant l'explosion des violences de ce week-end, Le Nouvelliste exhortait déjà le président à "reprendre la main, redresser la barre, revoir la façon dont on gouverne avec lui, changer une partie du personnel politique qui l'entoure".

Haïti est en proie à de nombreux actes de violence depuis l'annonce vendredi 6 juillet d'une hausse du prix des carburants, de l'ordre de 40 à 50 %.

4 - Dimanche, des manifestants continuent de faire régner la terreur dans les quartiers de Port-au-Prince, malgré quelques soubresauts de quiétude.

Devant la flambée de violence, le président Jovenel Moïse est intervenu solennellement samedi soir à la TV assurant avoir entendu les protestataires et les a appelés à rentrer chez eux: "Dès que vous parlez, j'écoute".

Pour disperser la foule, des policiers d'unités spécialisées en maintien de l'ordre ont tiré en l'air et fait usage de grenades lacrymogènes. Des contestataires appellent à une grève générale de deux jours à compter de ce 9 juillet.

Plusieurs compagnies aériennes comme American Airlines et Air France ont annulé leurs vols jusqu'à la mi-journée pour l'instant, et au moins un avion a été redirigé vers Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe.

Un torero se fait scalper par un taureau en pleine corrida — Espagne
Le célèbre toréro espagnol Juan José Padilla s'est fait arracher une partie du cuir chevelu par un taureau. Malgré son état de santé, il a déclaré à la presse qu'il ne voyait pas pourquoi il ne s'y rendrait pas.

Ces manifestations se sont déclenchées lorsque les ministres du Commerce et de l'Économie ont conjointement annoncé une hausse de 38 à 51 pour cent du prix de l'essence, du diesel et du kérosène à compter de samedi.

"Tous ceux qui sont partis au Chili ont été intelligents parce que les choses n'ont fait que commencer", a-t-il ajouté en référence aux plus de 100 000 Haïtiens qui ont émigré vers le pays d'Amérique latine rien que durant l'année 2017.

Près d'un des commerces pillés, Alphonse Charles tentait de rester calme devant la carcasse brûlée de sa voiture.

Beaucoup de marchandes de fruits et légumes ont repris dimanche leur place sur les trottoirs et les taxis-motos étaient de retour à leurs carrefours habituels, même si les clients se faisaient rares. "Je dois continuer à vivre, on ne va pas se laisser emporter pour ça seulement". Quelques voitures tentaient de se frayer un passage au milieu des rues encore chargées de barricades.

"Comme la quasi totalité des gens, je suis resté sur ma faim: on s'attendait à un autre discours, à une analyse sereine de la situation qui a prévalu dans le pays ces deux derniers jours et qui a provoqué tant de pertes en vies humaines et matérielles", a déclaré à l'AFP Jerry Tardieu, député de Pétionville. Certains élus exigent la démission immédiate du Premier ministre.

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