Otan : Trump tire sur ses alliés

10 Juillet, 2018, 17:53 | Auteur: Armand Coulomb
  • Bruxelles environ 1.400 personnes défilent contre Trump

La hausse des dépenses de défense est un véritable leitmotiv du président américain. "Il ne faut donc pas surinvestir dans des attentes".

Le président américain, Donald Trump, s'en est de nouveau pris, ce lundi, aux pays alliés, martelant sa demande d'augmentation de leurs dépenses militaires.

A l'approche de cette nouvelle rencontre, l'ancien magnat de l'immobilier, qui s'est fait élire sur le slogan "l'Amérique d'abord" a encore fait monter la pression en adressant une lettre de rappel à une dizaine d'Etats membres, dont la Belgique (0,9%) et l'Allemagne (1,2%). Quatre sont déjà à ce niveau -Etats-Unis, Royaume-Uni, Grèce et Estonie- et quatre autres -Lituanie, Lettonie, Pologne et Roumanie- le seront pour la fin de l'année, a assuré Jens Stoltenberg. La France devrait atteindre cet objectif en 2025.

"Les alliés ne doivent pas augmenter leurs dépenses pour plaire aux Américains mais parce que c'est dans leur intérêt", a-t-il souligné.

Au-delà, les doutes entretenus par Donald Trump sur sa volonté réelle de faire intervenir automatiquement les Etats-Unis en cas d'attaque contre un de leurs alliés, comme le stipule l'article 5 du traité de l'Otan, ou sur un redéploiement des troupes américaines présentes en Allemagne, poussent désormais certains Européens à accélérer la cadence pour se rendre autonomes.

"Les États-Unis dépensent beaucoup plus que tout autre pays pour protéger", a tweeté le président américain mardi avant son départ pour l'Europe.

La fin des sanctions conditionnée à une dénucléarisation totale de Pyongyang
C'est ce qui était convenu lors de la rencontre historique de Singapour, le 12 juin, entre le président américain Donald Trump et Kim Jong-un.

"Les soldats européens ont combattu, côte à côte avec des soldats américains en Afghanistan".

"Monsieur le Président, n'oubliez pas cela demain, lorsque nous nous réunirons au sommet de l'Otan, mais surtout lorsque vous rencontrerez le président Poutine à Helsinki".

En restant récemment évasif sur la question de la Crimée, annexée par la Russie en 2014, Donald Trump "a envoyé un message à Poutine", relève Thomas Carothers, vice-président de la Fondation Carnegie. "Sa réussite dépendra de l'humeur de Donald Trump", précise un responsable de l'Alliance.

"Ce débat existe, il a eu lieu et il va continuer à avoir lieu", ajoute-t-on.

"Il va vouloir obtenir quelque chose de sa rencontre avec le président russe, une percée sur le dossier ukrainien, bloqué malgré les efforts déployés par la France et l'Allemagne", estime le diplomate français, chercheur associé au centre de réflexion Carnegie Europe.

Un scénario conforté quelques heures plus tard par Donald Trump qui a jugé sur Twitter "inacceptable" le fait que les Etats-Unis soient le plus gros contributeur d'une alliance militaire qui bénéficie selon lui davantage à l'Europe qu'à Washington. Un regard depuis longtemps critique qui n'a cessé de gagner en agressivité au cours des derniers mois, comme l'ont traduit les jugements les plus brutaux sur l'Union européenne (UE) jamais formulés publiquement par un président américain.

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