Arrêtée pour avoir dansé — Iran

11 Juillet, 2018, 09:07 | Auteur: Lea Montgomery
  • Iran: la toile se mobilise pour une jeune femme arrêtée pour avoir dansé sans voile sur Instagram

Être une femme et vouloir être libre ne fait pas bon ménage en Iran.

L'arrestation d'une jeune femme qui postait des vidéos d'elle dansant dans sa chambre sur Instagram a suscité l'indignation en Iran, rapporte The Guardian. Elle partage aussi des selfies et des extraits vidéo d'elle en famille ou avec ses amis. Selon certains sites d'information iraniens basés à l'étranger, les quatre jeunes ont tous été relâchés sous caution, mais il est très probable qu'ils soient en attente d'un procès.

Maedeh a eu le malheur d'avoir une passion, comme beaucoup de jeunes filles de son âge dans le monde entier. "Parce que ce n'est pas crédible pour eux!".

Les publications de Maedeh Hojabri partagées sur plusieurs comptes à son nom ont totalisé entre 12.000 et 66.000 followers.

En République islamique d'Iran, les femmes doivent se couvrir tout le corps, sauf le visage et les mains.

Une internaute a publié une vidéo de sa mère, comme le relate Le Monde, accompagnée d'un commentaire: "Ma mère m'a dit: je danse pour votre adolescence et jeunesse volées, pour la liberté et la joie que vous méritez".

Rupture difficile, burn-out : quand Christine Angot réconforte Yann Moix
Un film qu'il ne "voulait pas faire" et dont le tournage a été difficile, mais qui l'a profondément "bouleversé" et "dépassé". J'aurais adoré le faire! "Mon corps m'a lâché et ma copine m'a quitté", a confié Yann Moix au Parisien ce vendredi 6 juillet.

Les autorités iraniennes affirment que l'adolescente a finalement été libérée de prison sous caution. Peu de temps après sa libération, elle a dû s'expliquer sur la chaîne télévisée du gouvernement. En pleurs, la jeune Iranienne explique pourquoi elle produisait ces vidéos, et jure que "ce n'était pas pour attirer l'attention".

En soutien à Maedeh Hojabri, des femmes et des hommes ont posté des vidéos d'eux-mêmes en train de danser en public et les ont partagées avec les hashtags #Dancingisnotacrime (le mot-dièse danser n'est pas un crime) et #برقص_تا_برقصیم (je danse pour que tu danses). J'ai travaillé seule, je n'ai reçu aucune formation. " L'opinion publique est occupée par les affaires de corruption, mais la justice et la télé iranienne (...) diffusent le spectacle des larmes de Maedeh Hojabri ", s'est ainsi indigné l'utilisateur de Twitter, Hermes.

L'ensemble des détenus arrêtés pour une utilisation " immorale " des réseaux sociaux, ont été sommés de participer à un stage éducatif auprès de la télévision du gouvernement.

Pour de nombreux Iraniens, cette sentence est injuste et cruelle.

"Solidarité avec la danseuse adolescente Maedeh Hojabri". La célèbre avocate iranienne, Nasrin Sotoudeh, qui représente certaines de ces femmes, dont Shaparak Shajarizadeh, est, elle aussi, en prison, depuis le 13 juin, pour avoir pris la défense dans les médias d'une de ses clientes. Maedeh Hojabri, une gymnaste de 18 ans est passée par la case prison pour avoir posté sur Instagram des vidéos d'elle en train de danser et sans le voile réglementaire sur la tête.

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